14 février 2010
Coeurs de pierre
Saint Valentin : puisses-tu modeler les émois, les frissons, et les voluptés des amoureux des coeurs de marbre pour orner de pierres brûlantes les dalles des musées.
Combien de joie, de tension, d'exaltation, pour extirper d'un bloc de calcaire, l'intensité des passions fichées dans la chair tendre des amants par les flèches ardentes de Cupidon ?

Tanagra, Jean-Léon Gérôme, 1890-Musée d'Orsay
"L'art et la sexualité, c'est la même chose " affirmait Picasso.
Oui Mademoiselle Tanagra ! Sculptée par Jean-Léon Gérôme, qui considérait les impressionnistes comme "le déshonneur de l'art français". Qu'aurait-il pensé des Demoiselles d'Avignon et du Minotaure ?
Son hollywoodien du jour : Natacha Atlas et sa reprise de Ya Laure Hobouki de la chanteuse Libanaise Fairouz
Associé aux Lupercales, festivités de l'amour et la fertilité dans l'Antiquité, le 14 février est devenu au XIVe siècle en Angleterre, le jour où les amoureux s'avouent leur attirance.
Des Complainte de Saint Valentin (I et II), Complaincte amoureuse de Sainct Valentin Gransson d'Othon de Grandson, chevalier-poète, capitaine durant la guerre de Cent Ans, la coutume demeure d'échanger des mots doux.
De l'échange de billets à celui de baisers, la distance d'un bras sépare les Valentin de leur Valentine : celui de Showtime d'Allen Jones. Une invitation à découvrir ces coeurs de pierre qui livrent éclat, ébats et abandons à l'appréciation du qu'en-dira-t-on.
Des Complainte de Saint Valentin (I et II), Complaincte amoureuse de Sainct Valentin Gransson d'Othon de Grandson, chevalier-poète, capitaine durant la guerre de Cent Ans, la coutume demeure d'échanger des mots doux.
De l'échange de billets à celui de baisers, la distance d'un bras sépare les Valentin de leur Valentine : celui de Showtime d'Allen Jones. Une invitation à découvrir ces coeurs de pierre qui livrent éclat, ébats et abandons à l'appréciation du qu'en-dira-t-on.

Showtime, Allen Jones -Exposition Art Nouveau Revival présentée au musée d'Orsay du 20 octobre 2009 au 4 février 2010

Femme piquée par un serpent, Jean-Baptiste Clésinger-1847-Musée d'Orsay

Femme piquée par un serpent, Jean-Baptiste Clésinger-1847-Musée d'Orsay
Scandaleuse Apollonie Sabatier, maîtresse et modèle de Jean-Baptiste Clésinger, séductrice de Baudelaire et de bien des banquiers du siècle des courtisanes, à la proue du navire florissant du Second Empire de Napoléon III. Moulé in vivo, le plaisir s'étale en toute impudeur sous les yeux courroucés des bourgeois de la Comédie humaine. Selon Théophile Gautier "Clésinger a résolu ce problème, de faire de la beauté sans mignardise, sans affectation, sans maniérisme, avec une tête et un corps de notre temps, où chacun peut reconnaître sa maîtresse si elle est belle".

La jeune Tarentine, Alexandre Schoenewerk -1871-Musée d'Orsay

La jeune Tarentine, Alexandre Schoenewerk -1871-Musée d'Orsay
Alexandre Schoenewerk, élève de David d'Angers, s'est inspiré d'un poème d'André Chénier narrant la mort de la jeune Tarentine emportée par une vague avant de retrouver son amant.

Arion assis sur un dauphin, Ernest-Eugène Hiolle-1866/1868-Musée d'Orsay

Arion assis sur un dauphin, Ernest-Eugène Hiolle-1866/1868-Musée d'Orsay


En fond, Le dernier jour de Corinthe, Tony Robert Fleury-1870
Arion de Méthymne est un personnage mi-historique mi-légendaire, poète et musicien grec du VIIe siècle av. J.-C. Né à Méthymne, dans l'île de Lesbos, il vit longtemps à la cour de Périandre, tyran de Corinthe, avant de voyager en Sicile et en Italie. Hérodote raconte qu'il y amasse de grandes richesses et qu'à son retour, les matelots décident de le tuer pour se partager ses biens. Avant d'être jeté à la mer, Arion obtient de pouvoir jouer de la cithare une dernière fois. Il attire par ses chants un dauphin et s'élance dans les flots : l'anima le secourt et le porte au cap Ténare en Laconie.
Arion serait l'inventeur du dithyrambe, hymne religieux chanté par un chœur d’hommes accompagné d'un aulos (hautbois double) et d'une danse représentant à l'origine l'emprise de Dionysos sur les hommes.

"Donne moi mille baisers, et puis cent, et puis mille autres, et puis encore cent. Encore une autre centaine et puis encore mille. Et pout finir, quand nous en aurons mille et mille, nous les mélangerons tous jusqu'à ne plus pouvoir les compter, pour que personne ne puisse nous les voler".
Catulle, poète et patricien romain épris de Lesbie de -62 à -58.
Catulle, poète et patricien romain épris de Lesbie de -62 à -58.

Le nom de Galatée, fille de Nérée et de Doris, qui vivait au large de la Sicile où le Cyclope Polyphème faisait paître ses moutons et ses chèvres, évoque la couleur blanche du lait.
Galatée, qui n'aimait pas le corps monstrueux de Polyphème, lui préférera le berger nommé Acis, fils de Pan et de la nymphe Simaethis. Le couple se moquera de la jalousie de Polyphème, qui les surprendra endormis sur une rive. Il les réveillera et s'emparera d'un énorme rocher sous lequel il écrasera son rival. Galatée, très triste, fera jaillir une source sous le rocher et fera d'Acis le dieu du cours d'eau.
Galatée, qui n'aimait pas le corps monstrueux de Polyphème, lui préférera le berger nommé Acis, fils de Pan et de la nymphe Simaethis. Le couple se moquera de la jalousie de Polyphème, qui les surprendra endormis sur une rive. Il les réveillera et s'emparera d'un énorme rocher sous lequel il écrasera son rival. Galatée, très triste, fera jaillir une source sous le rocher et fera d'Acis le dieu du cours d'eau.


Comment terminer ce périple ardent si ce n'est avec un poème de Robert Desnos :
Il a su toucher mon coeur ou Les Deux Jumeaux
L'autre soir j'ai rencontré
Un séduisant jeune homme
Et nous avons folâtré
Et dégusté la pomme
Dans le lit que j'étais bien !
Car le lit c'était le sien.
Refrain 1
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et j'aimais déjà la saveur
De ses lèvres
Au bout d'un petit instant
Un instant
Qui dura longtemps
Mais qui me parût trop rapide
Il me quitta d'un air languide
Pour aller se laver les mains
Tout près, dans la sall' de bain.
Peu après il est rentré
Tout rempli de courage
Et il a recommencé
Plein de coeur à l'ouvrage
Car douze fois dans la nuit
La même chose il refit.
Refrain 2
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et je garde encore la saveur
De ses lèvres
Mais le lendemain matin
Du festin
Sur le traversin
Je vis qu'il y avait trois têtes
Et je compris toute la fête
C'était tour à tour deux jumeaux
Qui s'étaient donné le mot.
J'ai gardé ces deux chameaux
Ne sachant lequel prendre
Maint'nant j'aim' les deux jumeaux
Qui sav'nt bien me le rendre
Et je cherche chaque nuit
Si c'est l'autre ou si c'est lui.
Refrain 3
Car ils ont su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Il me faut toujours la saveur
De leurs lèvres
L'un à l'autre fait pendant
C'est charmant
Mais c'est fatigant
Je me demande très anxieuse
Quel serait mon sort d'amoureuse
Si leur mère mieux stimulée
Avait fait des quintuplés.
L'autre soir j'ai rencontré
Un séduisant jeune homme
Et nous avons folâtré
Et dégusté la pomme
Dans le lit que j'étais bien !
Car le lit c'était le sien.
Refrain 1
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et j'aimais déjà la saveur
De ses lèvres
Au bout d'un petit instant
Un instant
Qui dura longtemps
Mais qui me parût trop rapide
Il me quitta d'un air languide
Pour aller se laver les mains
Tout près, dans la sall' de bain.
Peu après il est rentré
Tout rempli de courage
Et il a recommencé
Plein de coeur à l'ouvrage
Car douze fois dans la nuit
La même chose il refit.
Refrain 2
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et je garde encore la saveur
De ses lèvres
Mais le lendemain matin
Du festin
Sur le traversin
Je vis qu'il y avait trois têtes
Et je compris toute la fête
C'était tour à tour deux jumeaux
Qui s'étaient donné le mot.
J'ai gardé ces deux chameaux
Ne sachant lequel prendre
Maint'nant j'aim' les deux jumeaux
Qui sav'nt bien me le rendre
Et je cherche chaque nuit
Si c'est l'autre ou si c'est lui.
Refrain 3
Car ils ont su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Il me faut toujours la saveur
De leurs lèvres
L'un à l'autre fait pendant
C'est charmant
Mais c'est fatigant
Je me demande très anxieuse
Quel serait mon sort d'amoureuse
Si leur mère mieux stimulée
Avait fait des quintuplés.
16:07 Publié dans Beautiful Traditions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : fete des amoureux, saint valentin, baiser de rodin




