08 mars 2010

Journée de la femme : gratte-moi, ma déesse marine

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Classé XX

Tu fais trembler mes épines
Quand sur toi je m'allonge
Enchaînons les positions
On se fera la plaque à cuisson
Je sais que tu l'aimes bien
Prenons notre temps
Que ça dure lontemps
Gratte-moi la peau
Gratte-moi plus bas...

Amis poètes, la suite ici.
Une composition lyrique impérative pour accompagner d'un sourire les propos de Florence Montreynaud que j'ai interviewée pour la rubrique société de Télé Star, en kiosque aujourd'hui, sur le thème des inégalités hommes/femmes.
Les multiples lois sur l'égalité de traitement des femmes au travail sont, comme elle le souligne, sans effet pour la majorité des françaises, qui assument 80% du labeur domestique.

L'étude Ipsos et Mapa Spontex
de janvier 2009 réalisée auprès de 2009 personnes porte sur quatre pays : Espagne, France, Italie, Royaume-Uni. Elle indique la répartition des tâches ménagères au sein des couples.
Confrontés à une liste de neufs tâches ménagères courantes, les hommes se déclarent de bonne volonté pour les courses et la sortie des poubelles mais reconnaissent que pour plus de la moitié d'entre elles, ils essaient de les éviter ou ne les font jamais.

La cerise sur la meringue ? Les stratagèmes utilisés par les hommes pour éviter les tâches ménagères :

"Aux petits soins avec leur compagne ou prêts à l'être" : 67%.
"Promesse de le faire la prochaine fois : 66%.
"Font la sourde oreille" : 55%.
"Se mettent à bouder dans leur coin" : 34%.
"Supplient leur compagne" : 32%.
"Se cachent ou sortent de la maison" : 29%.
"Font du chantage" : 28%.
"Font semblant d'être souffrants" : 27%.

Il n'est certes pas question de faire d'un héros du Dunlopillo une mère Denis, rappelons simplement cet adage "femme endolorie, oreiller rabougri". Confucius ? À vérifier...

14 février 2010

Coeurs de pierre

Saint Valentin : puisses-tu modeler les émois, les frissons, et les voluptés des amoureux des coeurs de marbre pour orner de pierres brûlantes les dalles des musées.

Combien de joie, de tension, d'exaltation, pour extirper d'un bloc de calcaire, l'intensité des passions fichées dans la chair tendre des amants par les flèches ardentes de Cupidon  ?

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Tanagra, Jean-Léon Gérôme, 1890-Musée d'Orsay

"L'art et la sexualité, c'est la même chose " affirmait Picasso.
Oui Mademoiselle Tanagra ! Sculptée par Jean-Léon Gérôme, qui considérait les impressionnistes comme "le déshonneur de l'art français". Qu'aurait-il pensé des Demoiselles d'Avignon et du Minotaure ?

Son hollywoodien du jour : Natacha Atlas et sa reprise de Ya Laure Hobouki de la  chanteuse Libanaise Fairouz

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Associé aux Lupercales, festivités de l'amour et la fertilité dans l'Antiquité, le 14 février est devenu au XIVe siècle en Angleterre, le jour où les amoureux s'avouent leur attirance.
Des Complainte de Saint Valentin (I et II), Complaincte amoureuse de Sainct Valentin Gransson d'Othon de Grandson, chevalier-poète, capitaine durant la guerre de Cent Ans, la coutume demeure d'échanger des mots doux.
De l'échange de billets à celui de baisers, la distance d'un bras sépare les Valentin de leur Valentine : celui de Showtime d'Allen Jones. Une invitation à découvrir ces coeurs de pierre qui livrent éclat, ébats et abandons à l'appréciation du qu'en-dira-t-on.

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Showtime, Allen Jones -Exposition Art Nouveau Revival présentée au musée d'Orsay du 20 octobre 2009 au 4 février 2010
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Femme piquée par un serpent, Jean-Baptiste Clésinger-1847-Musée d'Orsay
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Femme piquée par un serpent, Jean-Baptiste Clésinger-1847-Musée d'Orsay

Scandaleuse Apollonie Sabatier,  maîtresse et modèle de Jean-Baptiste Clésinger, séductrice de  Baudelaire et de bien des banquiers du siècle des courtisanes, à la proue du navire florissant du Second Empire de Napoléon III. Moulé in vivo, le plaisir s'étale en toute impudeur sous les yeux courroucés des bourgeois de la Comédie humaine. Selon Théophile Gautier "Clésinger a résolu ce problème, de faire de la beauté sans mignardise, sans affectation, sans maniérisme, avec une tête et un corps de notre temps, où chacun peut reconnaître sa maîtresse si elle est belle".
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La jeune Tarentine, Alexandre Schoenewerk -1871-Musée d'Orsay
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La jeune Tarentine, Alexandre Schoenewerk -1871-Musée d'Orsay

Alexandre Schoenewerk, élève de David d'Angers, s'est inspiré d'un poème d'André Chénier narrant la mort de la jeune Tarentine emportée par une vague avant de retrouver son amant.
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Arion assis sur un dauphin, Ernest-Eugène Hiolle-1866/1868-Musée d'Orsay
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Arion assis sur un dauphin, Ernest-Eugène Hiolle-1866/1868-Musée d'Orsay
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En fond, Le dernier jour de Corinthe, Tony Robert Fleury-1870

Arion de Méthymne est un personnage mi-historique mi-légendaire, poète et musicien grec du VIIe siècle av. J.-C. Né à Méthymne, dans l'île de Lesbos, il vit longtemps à la cour de Périandre, tyran de Corinthe, avant de voyager en Sicile et en Italie. Hérodote raconte qu'il y amasse de grandes richesses et qu'à son retour, les matelots décident de le tuer pour se partager ses biens. Avant d'être jeté à la mer, Arion obtient de pouvoir jouer de la cithare une dernière fois. Il attire par ses chants un dauphin et s'élance dans les flots : l'anima le secourt et le porte au cap Ténare en Laconie.
Arion serait l'inventeur du dithyrambe, hymne religieux chanté par un chœur d’hommes accompagné d'un aulos (hautbois double) et d'une danse représentant à l'origine l'emprise de Dionysos sur les hommes.

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Le Baiser, Rodin-1889-Musée Rodin

"Donne moi mille baisers, et puis cent, et puis mille autres, et puis encore cent. Encore une autre centaine et puis encore mille. Et pout finir, quand nous en aurons mille et mille, nous les mélangerons tous jusqu'à ne plus pouvoir les compter, pour que personne ne puisse nous les voler".
Catulle, poète et patricien romain épris de Lesbie de -62 à -58.

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Galatée dans les bras du berger Acis-Fontaine de Médicis au jardin du Luxembourg

Le nom de Galatée, fille de Nérée et de Doris, qui vivait au large de la Sicile où le Cyclope Polyphème faisait paître ses moutons et ses chèvres, évoque la couleur blanche du lait.
Galatée, qui n'aimait pas le corps monstrueux de Polyphème, lui préférera le berger nommé Acis, fils de Pan et de la nymphe Simaethis. Le couple se moquera de la jalousie de Polyphème, qui les surprendra endormis sur une rive. Il les réveillera et s'emparera d'un énorme rocher sous lequel il écrasera son rival. Galatée, très triste, fera jaillir une source sous le rocher et fera d'Acis le dieu du cours d'eau.

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Centaure enlevant une nymphe, Gustave Adolphe Désiré Crauk-Mairie du 6ème ar de Paris
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Comment terminer ce périple ardent si ce n'est avec un poème de Robert Desnos :

Il a su toucher mon coeur ou Les Deux Jumeaux

L'autre soir j'ai rencontré
Un séduisant jeune homme
Et nous avons folâtré
Et dégusté la pomme
Dans le lit que j'étais bien !
Car le lit c'était le sien.

Refrain 1
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et j'aimais déjà la saveur
De ses lèvres
Au bout d'un petit instant
Un instant
Qui dura longtemps
Mais qui me parût trop rapide
Il me quitta d'un air languide
Pour aller se laver les mains
Tout près, dans la sall' de bain.

Peu après il est rentré
Tout rempli de courage
Et il a recommencé
Plein de coeur à l'ouvrage
Car douze fois dans la nuit
La même chose il refit.

Refrain 2
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et je garde encore la saveur
De ses lèvres
Mais le lendemain matin
Du festin
Sur le traversin
Je vis qu'il y avait trois têtes
Et je compris toute la fête
C'était tour à tour deux jumeaux
Qui s'étaient donné le mot.

J'ai gardé ces deux chameaux
Ne sachant lequel prendre
Maint'nant j'aim' les deux jumeaux
Qui sav'nt bien me le rendre
Et je cherche chaque nuit
Si c'est l'autre ou si c'est lui.

Refrain 3
Car ils ont su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Il me faut toujours la saveur
De leurs lèvres
L'un à l'autre fait pendant
C'est charmant
Mais c'est fatigant
Je me demande très anxieuse
Quel serait mon sort d'amoureuse
Si leur mère mieux stimulée
Avait fait des quintuplés.







12 avril 2009

Coq en Pâques

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Couleurs printanières pour ce coq installé dans la vitrine de la boutique Debauve & Gallais, 30 rue des Saints-Pères, Paris VII.

Cette maison n'ignore rien de l'évolution du design des chocolatiers, inspiré d'une sculpture de Brancusi ou d'une compression de Cesar, mais, dirigé par Monsieur Poussin, ce "temple incontestable du chocolat de tradition française", tient à conserver l'aspect classique des poules, lapins, oeufs et poissons de Pâques qui ravissent les enfants aux premiers jours du printemps.

Si les créations présentées au Salon du Chocolat séduisent le gourmet admirant l'imagination d'artisans rivalisant de créativité, la mise en situation dans un décor végétal, de figurines de basse-cour, s'adresse directement à l'enfant resté en nous, prêt à resurgir à la vision de papier doré, et de boîtiers enrubannés de satin rose, remplis de friture au chocolat au lait.

La reconstitution d'un jardin miniature pour replonger dans une enfance à la campagne. Tant de petits sujets pour nous ramener au grand : Pâques,  fête la plus importante de la religion chrétienne, puisqu’elle commémore la mort et la résurrection du Christ.

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Les cloches sont revenues de Rome.
La tradition du silence des cloches prit naissance lorsque, vers le VIIème siècle, l'Église interdit de sonner les cloches en signe de deuil entre le Jeudi Saint et le Dimanche de Pâques pour commémorer le temps qui s'écoula entre la mort du Christ et sa résurrection.

Les cloches ne sonnent donc pas du Vendredi Saint au Dimanche de Pâques, elles restent muettes pendant la mort du Christ. Aux offices, on remplace la clochette par une crécelle. La légende, dans certains pays catholiques et particulièrement en France, affirme que, le soir du Jeudi Saint, elles partent à Rome où le Pape les bénit.

Le matin de Pâques,les cloches reviennent en carillonnant pour annoncer la joie de la résurrection du Christ. A Rome, elles se chargent d’œufs de Pâques qu’elles répandent à leur retour dans les jardins. Les enfants vont alors les chercher. Pour le voyage, les cloches se munissent d'une paire d'ailes, de rubans ou sont transportées sur un char.

En Italie le Jeudi saint en signe de deuil, on attache les cloches des églises pour éviter qu'elles ne sonnent. A Pâques, les cloches, défaites des liens, peuvent de nouveau sonner.

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Les œufs de Pâques
De nombreuses civilisations considèrent l’œuf comme un symbole de naissance, de renouveau. La coquille représente la terre, la chambre à air l'atmosphère, le blanc incarne l'eau, tandis que le jaune rappelle le feu.
En Finlande, le Kalevala (épopée recueillie de la bouche des bardes populaires au milieu du XIXème siècle) offre une interprétation très poétique de la création du monde, né d'un oeuf.
La mère de l'eau, Iltamara, dormait au fond de l'océan sans rivage. Dans son sommeil elle remua et son genou sortit de l'eau tel une île ronde. Le maître de l'air (le Canard), séduit par cette apparition, tomba des cieux vides et déposa sept oeufs, dont six d'or et un de fer sur ce genou divin. A peine effleurée, la déesse frémit et dans son sommeil, brisa les oeufs d'or.

Des différents morceaux de la coquille éclatée, le bas de la coque de l'oeuf forma le firmament , le dessus de la partie jaune devint le soleil, le dessus de la partie blanche devint la lune, tout débris tâché de la coque fut une étoile au firmament, tout morceau foncé devint un nuage de l'air et désormais le temps avança.

Par extension, poules, poussins et même lapins (réputés pour leur fécondité) sont devenus les symboles de Pâques. La tradition d’offrir des œufs est attestée dans l'Antiquité.
En Europe, on offrait de vrais œufs, qui étaient peints et décorés. Les Egyptiens et les Romains avaient pour habitude d’offrir des œufs peints au printemps, symbole de vie et de renaissance.

Dans l’Eglise catholique, la tradition fut reprise au IVème siècle : en effet il était interdit de consommer des œufs durant le Carême mais, on ne pouvait empêcher les poules de pondre… Les œufs accumulés furent alors utilisés comme décorations et cadeaux… Depuis, la tradition veut que l’on offre des œufs à Pâques, décorés ou en chocolat.

Louis XIV faisait bénir solennellement le jour de Pâques de grandes corbeilles d'oeufs dorés à la feuille d'or qu'il remettait lors d'une cérémonie à ses proches. Madame Victoire, fille du roi Louis XV, avait même reçu deux oeufs de Pâques peints par Lancret et Watteau.
Au XVIIème et XVIIIème siècles jusqu'à la révolution l'échange des oeufs était l'apanage de la cour et de la noblesse. L'oeuf le plus gros du royaume, pondu pendant la Semaine Sainte, revenait de droit au roi.

Au XVIIIème siècle, en France, on décida de vider un oeuf frais et de le remplir de chocolat. La surprise contenue dans l'œuf est une tradition qui remonte au  XVIème siècle : la statuette de Cupidon renfermée dans un énorme oeuf de Pâques offert par Louis XV à Madame du Barry est restée célèbre car exceptionnelle.