07 mars 2010

La fabrique des images

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Découvrir la relation entre notre conception du monde  et notre manière "d'imager" sa représentation à travers des objets, des motifs, des couleurs, devient un parcours intrigant lorsqu'il est construit par un brillant anthropologue. Intrigant par la juxtaposition inhabituelle d'objets hétérogènes : masques, coiffes de plumes, toile de maître hollandais.
Hétérogénéité destinée à concentrer l'attention du visiteur sur la question essentielle de ce qui est en jeu derrière toute figuration.

Après Qu'est-ce qu'un corps et Planète Métisse, Le musée du quai Branly présente La Fabrique des Images jusqu’au 17 juillet 2010, une exposition anthropologique, conçue par Philippe Descola, disciple de Claude Lévi-Strauss et professeur au Collège de France, auteur d'un ouvrage édité chez Plon dans la collection Terre humaine : Les Lances du crépuscule.
160 œuvres et objets en provenance des cinq continents illustrent les différentes façons d’appréhender et de représenter notre environnement.
L'objectif de l'exposition est de "donner à voir ce qui ne se voit pas d'emblée dans une image, à savoir, les effets que ceux qui l'ont créée cherchaient à produire sur ceux à qui elle était destinée.
Dans certains cas, ces effets sont perceptibles par delà les siècles et la diversité culturelle, mais le plus souvent, ils restent opaques aux visiteurs dont le regard a été façonné par la tradition de l'art occidental".
Philippe Descola émet l'hypothèse que la mise en oeuvre de ces effets répond à quatre grandes stratégies figuratives, correspondant à "Quatre manières de rendre présent dans des images tel ou tel système de qualités prêtées aux objets du monde" .:
"Ces systèmes de qualité sont appelés ontologies et servent, dans la vie quotidienne à identifier des classes  d'êtres qui se distinguent les uns des autres par des propriétés communes.
Or, toutes les cultures n'ont pas la même ontologie : l’animisme, le naturalisme, le totémisme et l’analogisme ont quatre façons différenciées de percevoir des discontinuités et des continuités entre les choses.

La mise en scène se prête à la découverte du secret des images....
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Vue générale de l'expo. © musée du quai Branly, photo Antoine Schneck

La première section de l'exposition analyse et illustre l'animisme, c'est à dire la généralisation aux non humains  d'une intériorité de type humain. Toute entité, un animal, une plante, un artefact, est dotée d'une intériorité , animée d'intentions propres, capable d'actions et de jugement. L'apparence physique change d'une entité  à l'autre. Le modèle animiste rend visible l'intériorité des différentes sortes d'existants et montre que celle-ci se loge dans des corps aux apparences dissemblables
Combinant ressemblances morales et différences physiques, l’animisme est représenté entre autres images, par les masques colorés des Indiens d’Amérique du Nord ou les parures de plumes des peuples d’Amazonie, pour qui animaux et plantes ont une intériorité semblable à celle des humains malgré une apparence physique différente.
Il ne s'agit pas tant  de fabriquer des images de corps humains ou animaux à la ressemblance  de modèles. Les Indiens s'attachent plutôt à transformer les corps humains eux-mêmes en images, en empruntant des motifs et des attributs aux corps animaux. Griffes, becs, plumes, dents, duvet, pelage, os, élytres, écailles, utilisés comme ornement, traduisent la volonté d'emprunter aux animaux leurs aptitudes biologiques, et donc, l'efficacité avec laquelle ces derniers tirent parti de leur environnement.

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Couronne-© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
Date de l'oeuvre : 1960-1972
Matériaux et techniques : Amazona farinosa, Ara ararauna, Ara chloroptera, Casmerodius albus, Cracidae sp.
Pays : Amazonas
Continent : Amérique
Ethnie : Arawak

La deuxième section expose l'ontologie naturaliste, qui domine en Occident depuis l'âge classique : ce n'est pas par leur corps, mais par leur esprit que les humains se différencient des non-humains. Les corps sont tous soumis aux mêmes lois de la nature. Deux traits dominent cette vision :
-L'intériorité distinctive de l'être humain.
-La continuité physique des êtres et des choses dans un epace homogène.
Philippe Descola illustre cet énoncé par l'irruption de la figuration de l'individu dans la peinture flamande au XVème siècle. La manière de figurer met l'accent sur l'identité individuelle en excellant dans deux genres inédits : la peinture de l'âme et l'imitation de la nature.
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La leçon de lecture, Gérard ter Borch-vers 1652-Musée du Louvre, département des peintures

Le totémisme-troisième section, mode d'identification des Aborigènes d'Australie, serait composé d'un grand nombre de classes d'êtres regroupant des humains et des non-humains. Les membres de chaque classe partagent des qualités physiques et morales incarnées par un totem.
Pour comprendre ce que sont les images totémiques, il faut connaître le statut général des images en Australie. Elles sont toutes et partout liées aux Êtres du rêve, et aux actions dans lesquelles ils se sont engagés afin de mettre en ordre le monde et de le rendre conforme aux subdivisions qu'ils incarnent eux-mêmes.
Les peintures sur toile des Aborigènes du désert central prolongent la tradition des dessins sur le sable. Les peintures pointillistes figurent les itinéraires suivis par les êtres totémiques au temps du Rêve.
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Peinture acrylique sur toile "Rêve des deux hommes", Paddy Jupurrurla Nelson-1991
Pays : Yuendumu
Continent : Océanie
Ethnie : Warlpiri
© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

L'analogisme-quatrième section,  est "un monde enchevêtré" où tous les occupants sont différents les uns des autres. La pensée s'attache à rendre présents des réseaux de correspondance, d’affinités, entre les éléments discontinus. cela suppose de multiplier les composantes de l'image et de mettre en évidence leurs relations.
Le réseau peut se donner à voir au moyen d'une accumulation non exhaustive d'objets de même nature exprimant des qualités différentes du monde, comme c'est le cas des poupées kachina.
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© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado
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Dans la mythologie des Indiens Hopis et Zuñis du Nouveau-Mexique et de l'Arizona, au Sud Ouest des États-Unis, les kachinas sont des esprits : esprits du feu, de la pluie, du serpent, ou encore esprits farceurs, espiègles bienfaisants ou malfaisants... Une sorte d'inventaire du monde visible et invisible. Six mois par an, à l'occasion de fêtes rituelles, ces esprits s'incarnent dans des danseurs masqués et costumés. Des poupées de bois peintes de vives couleurs, également nommées kachinas et représentant ces danseurs, sont offertes aux enfants, à l'issue des fêtes, pour qu'ils se familiarisent avec le monde des esprits.

La typologie de Philippe Descola est-elle une étape de l'anthropologie, susceptible de la même déconstruction que le totémisme, exposé par Emile Durkheim en 1912 dans Les Formes élémentaires de la vie religieuse, et remis en cause par Claude Lévi-Strauss en 1962 ?
Seuls les visiteurs rompus aux débats relatifs aux sciences humaines apporteront une réponse.

Pour le profane, reste le sentiment que ces catégories définies, intemporelles, sont perméables. Ne peut-on trouver des traces d'analogisme dans une image classée dans le totémisme ? Ce canevas permet-il de classer des sculptures de Calder, une aquarelle de Tracey Emin dans l'un au l'autre de ces modes de figuration ?

Le naturalisme supposé propre à l'Occident est il exempt de toute trace d'animisme ? Les procès d'animaux ne sont-ils pas la marque d'un animisme occidental ?
Que penser des limaces excommuniées par le chanoine Noseret, vicaire général de Mâcon, en 1481, et par l'official de Grenoble, à la requête des syndics et conseillers de cette ville, en 1543 ?
En avril 1547, les consuls de Romans donnaient procuration à deux avocats pour soutenir, devant le vicaire général de Valence, un monitoire (lettre de citation adressée par un juge ecclésiastique à ceux qui ont connaissance d'un fait pour les obliger à témoigner) contre les chenilles, verpillères, rats et autres animaux nuisibles, et pour demander contre eux des lettres de malédiction s'ils refusaient de se retirer en un certain champ "de trente seterées" qui leur était désigné !

La Fabrique des images
Du 16 février 2010 au 17 juillet 2011
Au Musée du Quai Branly
Mezzanine Ouest
37, quai Branly
75007 Paris
Tél : 01 56 61 70 00
M° Alma-Marceau

Mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h
Jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h
Billet collections 8,50 € plein tarif et 6 € tarif réduit




19 novembre 2009

Artistes d'Abomey : Who's Who

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Gléglé en lionceau. Détail de bas relief-Fon-Gléglé fut roi d'Abomey de 1858 à 1889 à la suite de son père, Ghézo.

Après avoir exploré le mythe de Tarzan cet été Tarzan ! ou Rousseau chez les Waziri, le musée du quai Branly nous propose de découvrir les artistes d'Abomey, ancienne capitale et vitrine du royaume du Dan-Homé (ou d'Abomey), fondée selon la tradition en 1625.
Ce royaume militaire, remarquablement organisé, s'étendit vers la zone côtière (trafic des armes et des esclaves) et conquit le royaume d'Allada qui se reconstitua à Porto-Novo (actuelle capitale officielle de la république du Bénin).

J'apprécie la lumière feutrée de la mezzanine Est, ajoutant une aura de mystère aux oeuvres exposées, mais j'ai regretté, le soir du vernissage l'absence de musique. Les musicologues africains s'accordent sur un point : chez les peuples africains, l'activité musicale est une chose naturelle qui se mêle étroitement à la vie. La musique pénètre les moindres interstices du quotidien, et les activités les plus insignifiantes sont assorties de leur commentaire musical.
Devenue une visiteuse exigente après avoir entendu la bande son, particulièrement réussie, de Tarzan ! ou Rousseau chez les Waziri, j'émets le souhait d'un accompagnement musical qui ajoutera au charme de l'exposition.

Par chance, j'ai rencontré un chanteur à la voix envoûtante : Bido, né à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Il faut absolument écouter le chant qu'il a enregistré tout spécialement pour Beautifulenfrance, Isabella, une chanson d'amour :

podcast

"Artistes d’Abomey, Dialogue sur un royaume africain" présentée du 10 novembre 2009 au 31 janvier 2010, invite le public à découvrir une partie du trésor des collections du musée qui abrite l'un des plus importants fonds d'arts africains au monde, avec près de 70 000 objets en provenance du Maghreb, d'Afrique subsaharienne et de Madagascar.
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Vernissage de l'exposition-9 novembre 2009

Chaque type d’objets était conçu par une famille d’artistes dont le savoir-faire se transmettait de père en fils. Grâce à d’importantes recherches menées par le commissaire de l’exposition Gaelle Beaujan-Baltzer, le conservateur du musée d’Abomey Léonard Ahononb et l’historien de l’art Joseph Adandé, il est aujourd’hui possible d’associer des artistes et familles d’artistes à chaque type d’objets présentés, fait rare dans l’art africain.

Outre le fameux trône du souverain d'Abomey, exposé sur le plateau des collections permanentes, le musée met en scène des pièces illustrant la royauté  et l'histoire de sa fondation : photographies, sculptures, bas-reliefs, aquarelles, gravures, tentures, parures, matériel divinatoire, armes...82 objets et huit documents graphiques anciens révèlent la créativité des artistes de la cour d'Abomey.

Cadeaux diplomatiques, collecte ethnographique ou butin de guerre coloniale, ces oeuvres témoignent des échanges entre la France et le Danhomè.
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Blaise Onésiphore Ahanhanzo Glélé, maire  actuel d'Abomey

Associer un nom à un objet

La recherche des auteurs des oeuvres conservées au musée du quai Branly s'inscrit dans la démarche entamée par Frans Olbrechts (1899-1958), anthropologue, professeur à l'Université de Gand, et William Fagg (1914-1992), conservateur du département ethnographique du British Museum à partir de 1938.
Pionniers dans la construction d'une histoire de l'art africain, ils ont tous deux affirmé que "L'artiste tribal n'est pas l'élément anonyme d'une collectivité plus ou moins identifiable, mais une personnalité distinguable et originale, tout comme Cellini, Turner ou Matisse, même si dans la plupart des cas nous ne le connaissons qu'à travers ses oeuvres".
Jusqu'au début du XXème siècle, le mot "art" n'était pas utilisé pour désigner les productions artistiques des peuples non occidentaux. Jugés à l'aune de l'histoire des arts européens, les objets collectés, dénommés "sauvages, fétiches, idoles", étaient  considérés comme des spécimens ethnographiques, témoins de l'avancement des cultures.
Dès les Croisades, l'Occident a entrevu le pays du Soudan, d'où venaient les magiciens des récits arabes. L'idéologie voyant dans le Continent Noir le Royaume des Idolâtres, le Royaume oublié de Dieu, prend sa source dans les récits empreints de mythologie du Moyen Age et le traité d'Honorius d'Autun au XIIème siècle De l'image du monde, décrivant les bestiaires et herbiers fabuleux, les coutumes étranges, les phénomènes surnaturels et les monstres .
Les contacts entre le continent Africain et l'Europe sont établis par les navigateurs Portugais dès 1470, lorsque les cours européennes commandent au Bénin des coupes, des salières et des poivriers en ivoire. Il faut attendre le début du XXème siècle pour que les objets africains et océaniens entrent dans les galeries d'art primitif et acquièrent un statut d'oeuvres d'art à part entière.
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Du "fétiche" à l'objet d'art

Dès les années 1900, ethnologues, anthropologues, artistes occidentaux, ressentent la nécessité de dépasser le préjugé tenace : "des arts sans histoire sont des arts sans artistes". Face à la culture de l'écrit, l'Afrique noire, où règne la tradition orale, est apparue dès les premiers contacts au XVème siècle, aux yeux des européens, comme dénuée de culture, de passé. L'incompréhension des langues (peu de voyageurs apprendront, à l'instar de Richard Burton, 29 langues et 11 dialectes pour mieux appréhender les sociétés découvertes) favorisera l'éclosion de l'idée que l'Africain est inapte à la civilisation.
Les "fétiches" ne pouvaient accéder au statut d'oeuvres d'art que par l'évolution des mentalités, accélérée par la prise de conscience que les objets amassés depuis les pillages du XIXème siècle, étaient plus que de simples témoignages historiques.
Les recherches d'Ernst Grosse (1862-1927) dans The Beginnings of Art (1897), provoquent une rupture dans le regard porté sur les arts "primitifs", en définissant les bases de l’ "Anthropologie de l’Art".
Grosse trouve "étrange" que les populations primitives "fassent preuve d'un grand talent en sculpture". Il remarque que les "primitifs" produisent des oeuvres réalistes à partir d'observations des êtres et des objets qui les entourent. Trois idées fondamentales naissent de sa réflexion :
-l’art a une fonction sociale.
-les productions des peuples sans écriture ne peuvent être appréhendées que dans le contexte des formes de cultures où elles sont apparues.
-la pulsion esthétique est partagée par l’ensemble de l’humanité.
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Dans la lignée d'Ernst Grosse, Franz Boas (1858–1942), fondateur de l’anthropologie culturelle, à partir de ses recherches sur l'art amérindien, développe dans "Primitive Art (1927) l'idée qu'il y a art lorsqu'une maîtrise technique permet d'obtenir une forme parfaite, que celle-ci reproduise une image réelle ou donne réalité à une image mentale.
Affirmant que certains traits universels font que l'art est art, il fait entrer les "fétiches" dans le champ artistique.
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Ce sont ensuite les artistes qui découvrent l'"Art Nègre". En Allemagne, aux environs de 1904, Emil Nolde (mouvement Die Brücke) présente les objets africains et océaniens comme relevant d'un "Art original, mûr et plaisant".
En France, Aristide Maillol  discerne dans l'Art Nègre qui "Renferme plus d'idées que l'art grec", une grande liberté dans l'invention des formes.  
Les peintres fauvistes (Vlaminck, Derain, Matisse, Braque...) s'inspirent de Gauguin qui régénère sa peinture en puisant dans les formes étrangères.
Tous démarrent des collections d'objets africains, attirés par l'audace des formes et l'antiréalisme qu'ils veulent insérer dans leurs propres créations. Les objets "sauvages" acquièrent rapidement valeur marchande et valeur esthétique. La mode est alors à la nécessité de "Retrouver les instincts, les extases, les réactions viscérales prêtés à l'Homme des Origines, au primitif".
Mais la classification en Art Primitif dénote encore l'ignorance des conditions de fabrication et de conception des oeuvres des peuples d'Afrique, d'Océanie et d'Amérique.
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Couronne funéraire ade Ville d'Ifè (?), style yoruba-entre 1860 et 1889
Perles en pâte de verre-Musée du quai Branly-Don Bernard Maupoil
Le roi Glèlè fit faire cette couronne pour le nesuxwe (culte des défunts de la famille royale) de son fils Ahanhanzo, tué par son frère Béhanzin.

De l'Art Primitif à l'Art Premier

Il faudra tout l'apport des travaux des ethnologues qui enquêtent sur le terrain, en corrélation avec les récits des voyageurs et missionnaires et l'acuité du regard des marchands d'art, pour découvrir, comme l'écrit Jean Laude, que "Pas plus en Afrique que dans l'Europe médiévale, l'oeuvre d'art n'est le pur produit de l'instinct, ni le résultat de cette création délirante et extatique que certaines imaginations mal informées ont considéré longtemps comme un des caractères de l'art africain. Il y a en Afrique des artistes au sens propre du terme et il est absurde de rapprocher, comme c'était la mode entre les deux guerres, l'art de ces soi-disant "primitifs" de l'art des enfants et des fous pour en faire une catégorie spéciale et vaguement pathologique de la création artistique. L'artiste africain est un homme qui, au point de départ, a appris un métier, selon des règles précises, ausi bien sur le plan esthétique que sur le plan social".
Au fur et à mesure du développement de la muséographie, le terme Arts Premiers s'est substitué à celui d'Art Primitif pour désigner les objets provenant des sociétés non occidentales.
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Familles Metakonto et Hountondji-Trophée de guerre-Style fon-entre 1858 et 1889
Crânes humains, alliages cuivreux, métal, verre
Muséeum d'Histoire naturelle de Nantes
Don capitaine Rilba, saisi après la prise d'Abomey
Ce trophée, réalisé par deux familles d'artistes de cour, est composé d'éléments en alliage cuivreux importé. Les Metakonto avaient pour tâches de nettoyer et traiter les crânes trophées ramenés dans le royaume comme preuve de victoire sur les champs de bataille...Ce type de trophée était destiné à impressionner le visiteur. C'est pourquoi le magasin des crânes (metago) était installé dans un endroit facile d'accès au public.

Cette terminologie laissant entendre qu'il existerait une évolution artistique de l'humanité dont les arts issus d'autres contrées que l'Occident seraient les premiers balbutiements a suscité des controverses telles que le musée dit des Arts premiers, voulu par Jacques Chirac, a opté pour le nom "Quai Branly".

"Art Ethnique" ou "Tribal", il importe surtout de démontrer que la prétendue stagnation de la création artistique en Afrique s'appuie sur l'ignorance de l'histoire de ce continent.
En ce sens, le travail de l'équipe de chercheurs impliqués dans la réussite de cette exposition doit être souligné. Retrouver les noms des artistes d'Abomey ne signifie pas, comme en Europe, lorsqu'on identifie une oeuvre de maître, l'ajout d'un supplément de valeur financière, la cote des oeuvres d'art tenant bien souvent à la collection à laquelle elles ont appartenus.
La datation et l'identification des oeuvres contribuent à la connaissance de sociétés, qui, par la richesse des solutions figuratives inventées par leurs artistes, doivent être considérées comme sources d'un apport majeur à l'art dans son ensemble.
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Famille Houndo et Hountondji ou famille Akati-Récade caméléon, emblème d'Akaba-Style fon-vers 1920
Fer, bois, cuivre
Musée du quai Branly-Don de M. de Garreres
Spécifiques du Danhomé, les récades en forme de hache sont destinées au roi, à ses messagers, aux dignitaires et aux responsables des principaux cultes vodoun. Les motifs et matériaux varient selon l'usage. Portées à l'épaule et brandies lors de danses, les récades sont une forme achevée de l'expression du pouvoir au Danhomé. L'absence de patine d'usage indique que cette récade fut certainement produite à l'époque coloniale. La qualité des matériaux, des figures et des finitions atteste qu'elle provient d'un atelier qui travaillait pour la cour avant l'exil du roi Agoli-Agbo. Les colons devinrent les nouveaux commanditaires de ces artistes, désormais sans mécènes.

Notons aussi un aspect spécifique du Quai Branly : son ouverture au dialogue avec des partenaires représentatifs des diasporas. A ce titre, Brice Monnou, Présidente de FECODEV, Femmes et contribution au développement, a participé à l'accueil des publics au Quai Branly lors de journées d'études.
Son association prépare un projet de sensibilisation des migrants en France, sur l'abandon de l'excision. En coordination avec une ONG, installée sur place, elle concentre son action sur 40 villages du Mali.
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Brice Monnou au vernissage.

Musée du quai Branly
37, quai Branly
75007 – Paris
Tél : 01 56 61 70 00
mardi, mercredi et dimanche : de 11h à 19h
jeudi, vendredi et samedi : de 11h à 21h




18 octobre 2009

Érotisme, erotism, erotismo

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Plébiscitées par le public les trois expositions du musée de l'érotisme sont prolongées jusqu'au 10 novembre 2009 :

Eros Vinyls : histoire de l'érotisme à travers 60 ans de vinyles, collection de Matthieu Flory, directeur des Editions Ereme.
Jean-Pierre Ceytaire, Cet air coquin.
Jacques Charrier, Le Kâma-Sûtra, le paradis perdu ?

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Coquine, c'est aussi la ligne éditoriale de la collection ÉROTIX des Editions Delcourt, consacrée aux ouvrages de bande dessinée érotiques et pornographiques.

Deux dessinateurs Italiens captivent les amateurs d'érotisme en bande organisée.

Magnus (Roberto Raviola), dont le célèbre Les 110 Pilules, réédité, agrémenté d’une couverture inédite et de noirs restaurés pour mieux apprécier le travail du maître est sorti en librairie le 23 septembre 2009.
L'auteur reprend ici un célèbre classique chinois de Jing Ping Mei : Hsi-Men Cheng, riche patricien et libertin, se procure auprès d’un vieux moine médecin, 110 pilules qui fortifient le désir sexuel. À ne consommer qu’une fois par jour. Mais la tentation est trop forte et face à la peur de vieillir, Hsi-Men abusera du produit miracle jusqu’à sa déchéance finale.

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Guido Crepax, spécialiste de l'illustration érotique. Après une formation d'architecte, devenu illustrateur de pochettes de disques de jazz et de publicités, il débute en bande dessinée en 1959 dans la revue Tempo Medico. En 1965, il participe à la nouvelle revue Linus, donnant naissance à la série Valentina, qui connaîtra neuf volumes. Crepax a dessiné les auteurs classiques du genre érotique : Sade, Sacher-Masoch, Casanova et Réage. Il a également livré un Docteur Jekyll et Mister Hyde en 1984 et un Dracula en 1988.

Son Emmanuelle posera ses jambes déliées sur la houpette de Titeuf à partir 18 novembre 2009.
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Musée de l'érotisme-72 boulevard de Clichy- Paris 18e. M° Blanche.

Téléphone : 01 42 58 28 73.

16 octobre 2009

Chasseurs d'images

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Aujourd'hui, lancement de la 3e édition des Rencontres photographiques du 10e arrondissement de Paris 2009 organisées par la bibliothèque Chateau d'Eau et la Mairie du 10e arrondissement, sous le commissariat général de Carlo Werner et le parrainage de Stéphane Couturier.

La photo, à l'honneur cette semaine à Paris avec le Salon de la photo organisé Porte de Versailles, prend ses quartiers d'automne avec originalité au centre de Paris jusqu'au 28 novembre 2009.

La spécificité de cet événement exceptionnel ?

Cafés, restaurants, boutiques de mode, librairies, galeries spécialisées et centres culturels participent activement à des  activités autour de la photographie. Expositions mais aussi conférences-débats animées par des professionnels, ateliers de photo, visites d’exposition en présence des photographes, performances-surprises.

Tout invite à découvrir un quartier où se niche le New Morning ( 7 r Petites Ecuries), le Passage Brady, le théâtre Antoine.

Quelques unes des photos à découvrir :

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Parking MP10 Agence TGTFP
Exposition collective hall de la Mairie du 10e
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Photo extraite de la série Les Délaissés
Exposé à la boutique de fleurs Bleuet Coquelicot
10 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris
M° J. Bonsergent/Colonel Fabien
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Frédéric Dekkal
Exposé chez Détente et Saveurs
23 rue Louis Blanc-M° Louis Blanc
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Marie Babey
Exposée à la Cristallerie Schweitzer
84 quai de Jemmapes-M° Jacques Bonsergent

Mon coup de coeur : à la conférence de presse, j'avais été happée par cette image de Philippe Fontana, me rappelant certaines scènes du peintre Edward Hopper.
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Photo de la série Fiction USA
Exposition collective hall de la Mairie du 10e
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Philippe Fontana Touristes-Paris 2009

Et finalement, c'est tout à fait ce que cet artiste souhaite :
"I attach no order of importance to what I photograph but I’m always looking for an image that will bring me back to a painting or a film.
As if I were on the constant look out for a new film which I construct image after image.
And thus begins a sort of wandering to find a certain light, colors and atmosphere that visually match what I feel at the moment I take the shot."

Mairie du 10e
72, rue du Fg St-Martin - Paris 10e - M° Chateau d'Eau
Tél. : 01 53 72 11 75













 


15 octobre 2009

Les fastes de Byzance au Grand Palais

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Découvrir l'histoire de Constantinople, Istanbul, du paléolithique jusqu’à nos jours : c'est le thème de l’exposition De Byzance à Istanbul, un port pour deux continents, au Grand Palais, du 10 octobre 2009 au 25 janvier 2010.
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3, avenue du Général-Eisenhower. Paris VIIIe. Ouverture tous les jours sauf le mardi, de 10 heures à 20 heures.
Nocturne le mercredi jusqu’à 22 heures. Tarif : 11 euros. Renseignements au 01.44.13.17.17. 

01 octobre 2009

Free style BB

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Née le 28 septembre, Brigitte Bardot fêtait ce lundi son 75ème anniversaire. L'Espace Landowski, à Boulogne-Billancourt, ville des anciens studios de cinéma français, consacre sur 900 m² la première exposition dédiée à l'actrice qui électrisait le monde des années 1950-1970.

Admirée pour sa beauté, BB a eu l'insolence de connaître et d'user d'un droit mentionné à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme "Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression". "Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis. En république démocratique, on doit avoir le droit de s'exprimer et c'est ce que je fais, même si ça ne plaît pas. Je m'assois dessus" déclare-t-elle en guise d'Happy Birthday 2009. Davantage que le nombre des années, exprimer ses pensées et non celles "D'la volaille qui fait l'opinion", signe un marqueur temporel de l'époque où l'on apprenait encore à juger par soi-même, indépendamment du formatage des détenteurs de la parole publique.
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Symbole d'une liberté sexuelle, sensuelle et intellectuelle, qui choqua et ravit les spectateurs du légendaire Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, BB auto-libérée du cinéma en 1973 décida d'orienter les caméras avides de belles images vers la cause qu'elle défend avec passion et constance depuis 40 ans : le respect des animaux.
Transformant la Madrague en ménagerie avant d'en faire don à sa fondation, elle n'a cessé d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur les modifications à mettre en place pour protéger l’espèce animale.
Elle vient ainsi d'écrire à Nicolas Sarkozy pour lui suggérer de mettre en place une journée végétarienne. "Il y a déjà la journée sans voiture, la journée sans tabac, mais instaurer une journée végétarienne aurait des répercussions bien plus fortes que toutes les taxes carbone réunies et la planète s’en porterait infiniment mieux".
Dénonçant l'élevage productiviste bien avant la déferlante "maladie de la vache folle" des années 2000, son action est à rapprocher de celle de René Dumont, premier candidat écologiste à l'élection présidentielle de 1974 à prédire les dégâts de l'agriculture productiviste.
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Portrait réalisé pour ma chronique d'été Les stars éternelles. Paru dans le n° 1921 du 30 août au 5 septembre 2001 du TéléObs Cinéma, supplément du Nouvel Observateur.

Selon Henri-Jean Servat, auteur de plusieurs livres sur B.B et commissaire de l'exposition, "Elle a su concrétiser les aspirations d’un nouveau monde et le goût d’une époque. Libre de ses choix, elle a incarné le progrès, le refus de la pensée unique et, surtout, l’irruption de la modernité : les surprises-parties,les cheveux dans le vent, le désordre amoureux, le flirt et la sensualité... Insolente et insouciante, Brigitte a desserré les corsets et fait sauter les tabous".
Cette exposition titrée Les années Insouciance présente plus de 1000 photos, des extraits de ses films, des documentaires ainsi que des objets personnels de celle fut dans les années 1950 et 1960 la femme la plus photographiée au monde.
Sa fameuse Harley-Davidson à ses initiales , tout comme sa robe de mariée Vichy rose. Deux portraits d’elle signés par Andy Warhol sont également exposés, l’un prêté par Alain Delon et l’autre par Gunter Sachs, l’un de ses anciens maris.
Un instant de légèreté pour découvrir les fameuses années d'avant le no futur, celles des volants frais, des ballerines, des fleurs dans les cheveux des hippies... 

Adresse: musée des Années 30, 26 avenue André-Morizet à Boulogne-Billancourt. M° Marcel Sembat ou Boulogne-Jean-Jaurès. Du mardi au samedi-11h à 18h.






 

 

06 juillet 2009

Un songe d'Afrique

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Musée du quai Branly. Affiche de l'exposition "Tarzan, ou Rouseau chez les Waziri". Du 16 juin au 27 septembre 2009.
Copyright : © musée du quai Branly.
TARZAN TM and EDGAR RICE BURROUGHS TM owned by Edgar Rice Burroughs, Inc. and Used by Permission.

Tarzan ! ou Rousseau chez les Waziris.

Alliant la puissante musculature des gladiateurs de la Rome antique à la souplesse féline des carnassiers, Tarzan investit la jungle parisienne du musée du quai Branly à Paris cet été, jusqu'au au 27 septembre.

Dédié aux Civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques, inauguré en  2006, le musée réunit les anciennes collections d'ethnologie du musée de l'Homme (abrité par le Palais de Chaillot) et celles du musée national des arts d’Afrique et d'Océanie (installé à la Porte Dorée).
Selon Roger Boulay, anthropologue, spécialiste de l’art océanien et commissaire d’exposition (il était en particulier le commissaire de l'exposition "L'aristocrate et ses cannibales : le voyage en Océanie du comte Festetics de Tolna, 1893 - 1896" présentée en 2007 au musée du quai Branly), cet événement prolonge  la réflexion sur la manière dont l'Occident appréhende l'Afrique, à travers des personnages comme l'homme-singe philosophe et la peuplade imaginaire des Waziris, la garde prétorienne de Tarzan.

Bande dessinée, cinéma, affiches, figurines, disques,jeux...L’exposition parcourt les origines et la nature de Tarzan, en tant que personnage et en tant que mythe (de Saturnin Farandoul, documentaire de 1914, à Greystoke en 1983), et le réhabilite en tant que héros contemporain de défense de la nature.

Le contexte historique

Dans un XIX siècle ennivré par le progrès scientifique, le développement industriel, et la philosophie saint-simonienne selon laquelle l'effort humain peut modifier la nature, qui deviendrait alors plus exploitable, quel espace reste t-il au rêve pour construire une légende ?
Hâter la marche du progrès constituait alors un devoir : l'Occident se devait de concourir à civiliser le monde matériellement et moralement.

Lorque le personnage de l'homme singe apparaît sous la plume d'Edgar Rice Burroughs, en 1912, l'idéologie de Claude Saint Simon, basée sur le développement d'un Etat industriel idéal, a conforté l'Europe dans la nécessité d'établir des régimes coloniaux pour diffuser le progrès technique et moral.
L'Afrique, terre d'exploration et de conquêtes a déjà subi des découpages géographiques au gré d'Etats européens en pleine construction, en quête d'identité, de légitimité nationales et de grands espaces.

Stéphane Martin, président du musée du quai Branly et Roger Boulay ont voulu décrypter à travers Tarzan le regard occidental sur les civilisations du "Continent Obscur". Le mythe évoquerait les rapports fascination-répulsion entre le Nord et le Sud, le civilisé et le sauvage.
Le succès du héros de la jungle ne serait-il pas plutôt la marque de la vivacité d'un sentiment inscrit en chacun des lecteurs : l'attendrissement pour le primitif qui sommeille en nous, réduit au silence par des siècles de christianisme et de disciplines spirituelles et sociales ?
Le regret d'un temps païen que l'on croit retrouver dans les rites des contrées lointaines explique  peut-être l'attraction exercée par ce héros évolué/sauvage, gentleman/brutal...

L'auteur n'a jamais visité la jungle africaine, mais son propos est-il de décrire aussi fidèlement l'Afrique que Jules Verne embarque ses lecteurs De La terre à la lune dans un vaisseau spatial préfigurant ceux des années 1960 ?

"Doctor Livingstone, I presume"

C'est par cette phrase célèbre qu'Henry Morton Stanley s'adresse au docteur Livingstone, quatre ans avant la naissance d'Edgar Rice Burroughs, en 1871, quand il le retrouve  à Ujiji, marché aux esclaves situé sur la rive orientale du lac Tanganyika.
Livingstone, dépendant des marchands arabes qui parcouraient régulièrement la piste entre Ujiji et la côte, s'était vu refuser l'acheminement de son courrier par les trafiquants irrités par ses convictions anti esclavagistes. Le contact avec l'Europe amenuisé, puis éteint, on avait cru l'explorateur, dont l'humérus gauche avait déjà été broyé par un lion (et remplacé par une articulation artificielle), englouti définitivement par la jungle.

Après trente années d'exploration et de lutte contre l'esclavage, il apparaîssait aux yeux du monde comme le premier Européen  à avoir traversé  le continent africain  d'une côte à l'autre, parti de Luanda, sur l'océan Atlantique pour arriver à Quelimane, au
Mozambique portugais. Lorsque, dans un village perdu de l'actuelle Zambie, le 1er mai 1873 au matin, ses serviteurs le trouvent mort, agenouillé comme pour prier, ils lui ôtent le coeur et les viscères et les enterrent au pied d'un arbre.

Il avait peu de conversions à son actif, mais son incessant combat contre les trafiquants, sa compréhension des Africains, dont il apprit les langues et recensa les coutumes, lui conféraient le respect des polulations.  Son corps sera ensuite rapatrié pour demeurer à l'abbaye de Westminster.
Sa cartographie du réseau hydrographique de l'Afrique centrale contribua à la connaissnce des terres réputées inaccessibles. L'un de ses récits, Missionary Travels and Researches in South Africa, publié en 1858 est un best-seller dont Edgar Rice Burroughs a pu s'inspirer pour décrire l'environnement de Tarzan.

Disposant à sa guise d'une réalité décrite tout au long du XIX ème siècle par les aventuriers, commerçants, trafiquants, géographes, missionnaires, journalistes et marins impliqués dans la course (commerce triangulaire), il va bâtir une légende qui fera de Tarzan un héros populaire dont le succès éclipsera les informations des explorateurs. "Quand les faits se sont transformés en légende, imprimez la légende" dit un journaliste dans "L'Homme qui tua Liberty Valance", de John Ford...

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Tarzan au quai Branly.

Naissance de Tarzan

Edgar Rice Burroughs a exercé toutes sortes de jobs : cow boy, livreur de glaces, gérant d'une boutique de campagne, chercheur d'or, policier des chemins de fer, expert-comptable...et vendeur d'annonces publicitaires en 1909. Installé à Chicago avec sa famille, il parcourt les pulps pour y placer ses annonces et remarque les récits d'aventure qui captivent le public de ces petits magazines accrocheurs.
L'idée lui vient d'essayer à son tour d'imaginer des histoires. En 1911, il commence à écrire un roman qui deviendra le premier des onze volumes des aventures de John Carter sur la planète Mars.
Le rédacteur en chef de la revue new yorkaise à grand tirage The All-Story le publie d'avril à juillet 1912 sous le titre Les Conquérants de Mars et annonce à ses lecteurs la publication de Tarzan of the Apes, du même auteur, pour l'automne. D'abord refusé par les éditeurs, le récit sera édité en juin 1914 par A.C. Mc Clurg&Co, et va connaître un énorme succès de librairie.

S'il a traversé les décennies en images, Tarzan est avant tout un récit captivant, dont l'intrigue se noue sur le continent
qui passionne les foules au début du XXème siècle. La légende vient au moment où la réceptivité du public est exacerbée par des expositions universelles, des zoos, des reconstitutions de villages d'Afrique avec exhibitions de "sauvages", et la littérature de voyage.

Jungle mystérieuse

John Clayton/Lord Greystoke et sa femme Alice se sont embarqués à Douvres pour l'Afrique en mai 1888. En juin, ils font étape à Freetown,
capitale de l'actuelle Sierra Leone, anciennement Afrique Britannique de l'Ouest puis repartent à bord du Fuwalda.
Ils n'aborderont nulle part, personne ne reverra le couple Anglais et le vaisseau.
Vingt ans plus tard, l'arrivée en Afrique de William Cecil Clayton, neveu  et seul héritier connu de Lord Greystoke, va résoudre le mystère de leur disparition. Le professeur Porter et sa fille Jane l'accompagnent et subissent avec lui les attaques des bêtes sauvages. Ils seront sauvés par une étrange créature humaine dissimulée dans la jungle qui semble suivre leurs pas avec le plus grand intérêt, mais se refuse au contact.

Au hasard de leurs déambulations, une cabane dans les arbres va leur révéler le secret de la fin de John Clayton et d'Alice. Ils sont bien morts, non pas en mer, mais dans cet abri construit par Lord Greystoke, abandonnés sur une côte africaine par l'équipage du Fuwalda. Le journal tenu par Clayton chaque soir leur apprend la folie d'Alice qui meurt quelques mois après la naissance de leur premier enfant, John. L'abri de fortune, saccagé, contient encore les squelettes grâce auxquels le groupe comprend que Lord Greystoke a été mis en pièce par une horde de gorille. Le berceau de l'héritier parsemé d'ossements laisse présager du sort funeste de l'enfant.

Une canonnière française sauvera les anglais de la jungle, laissant pour mort au cours d'une attaque de cannibales un officier de marine, Paul D'Arnot qui réussit à se cacher dans un tronc d'arbre.
Il reçoit les soins  d'un être masculin, nu, au type européen, avec lequel il réussira à communiquer pour apprendre son nom : Tarzan "singe blanc", et sa filiation. Elevé par Kala, une guenon consolée de trouver un bébé vagissant dans le berceau du fils de Lord Greystoke alors qu'elle venait de perdre son petit, le jeune homme a vécu parmi les singes, en effectuant des visites régulières à la cabane, seul lien avec le monde occidental.
Il a appris à lire seul à l'aide de l'abécédaire destiné au fils de Lord Greystoke.
Différents indices vont amener D'Arnot, bouleversé, à réaliser que ce sauvage portant le médaillon arraché sur le squelette d'Alice, couronné roi des singes à 18 ans, est le fils de John Clayton. Il va tout mettre en oeuvre pour lui apprendre à parler, l'éduquer à l'Européenne et le ramener à la civilisation.

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Panthère d'Afrique
Prêt du musée de la chasse et de la nature. 

Mais quelle civilisation ?

Celle qui a incité Stanley, le sauveur de Livingstone, à se mettre au service du roi des Belges Léopold II acharné à coloniser le Congo dès les années 1880 dans des conditions si atroces que les puissances rivales seront scandalisées par les exactions commises ?

Celle qui à conduit les colons du Far West à parquer les Indiens dans des réserves après leur avoir transmis la variole  par des couvertures infectées vendues aux tribus ? Des quelques 15 millions de bisons parcourant les plaines en 1860, il ne restait que quelques centaines à la fin du XIXème siècle, tant les trains affrétés pour les chasseurs équipés de fusils à lunettes d'une visée de 500 mètres avaient porté avec succès le massacre du bétail qui nourissait, habillait et abritait les "sauvages" expulsés de leurs terres...

Celle qui laissait reposer l'économie du Sud des Etats Unis sur le travail non rétribué des esclaves depuis deux cents ans ? "L'Esclavage américain tel qu'il est" de Théodore Weld, sans cesse réédité à partir de 1839, "La Case de l'Oncle Tom" d 'Harriet Beecher, publié en 1852 conribuent à modifier l'opinion en faveur de l'abolition de l'esclavage.

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Le roi de la jungle au quai Branly.

La littérature populaire se nourrit de méchants. Tarzan, en lutte contre les trafiquants d'esclaves d'ivoire et d'or, aura tôt fait de les débusquer. Flagorneurs, voleurs, imposteurs seront tournés en ridicule. Edgar Rice Burroughs, par le biais de son héros, dénonce les médiocres d'Hollywood (Tarzan et l'homme lion), les élucubrations du clergé (Tarzan et la Cité interdite), les préjugés des "civilisés" à l'encontre des "primitifs" (Tarzan et les Hommes-Fourmis), les excès du capitalisme (Le Triomphe de Tarzan).
Et surtout, ce qui propulse son héros au rang de figure du  XXIème siècle, l'auteur dénonce le saccage de l'environnement.
"Quel paradis ! Un jour l'homme civilisé viendrait et gâcherait tout ! La hache abattrait impitoyablement ces bois séculaires ; le ciel d'azur s'obscurcirait de la fumée épaisse d'affreuses cheminées ; de minables petits bateaux munis à l'arrière ou sur les côtés de roues feraient remonter la boue du fond Jad-In-Lul, tourner les eaux céruléennes au brun sale ; des immeubles crasseux en fer rouillé se prolongeraient vers le lac par des quais hideux, car telles  sont les villes à l'avant-garde de la civilisation". De tels propos éveillent notre radar écologique.

Ces thèmes vont trouver un écho favorable chez les lecteurs qui feront un triomphe à Tarzan. Le mythe s'étend au fil des adaptations pour l'écran et les journaux, de qualité variable :
-extraordinaires de vitalité : les planches du dessinateur Burne Hogarth, où muscles et feuillages se crispent dans un décor fantastique.
-déroutante : Frank Merill, Tarzan et le Tigre, 1929, froufroutant dans un pagne bustier en peau de panthère, le front ceint d'une patte de fauve...

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Dessin extrait des planches d'Hogarth.
Copyright : Collection particulière, © Jacques Pepion 2008
Tarzan TM and Edgar Rice Burroughs TM owned by Edgar Rice Burroughs, Inc. and Used by Permission
Photographe : Jacques Pepion.


Edgar Rice Burroughs croyait au cinéma : il va écrire une histoire de brousse Men and Beasts qui sera adaptée par la Cie Selig sous le titre The Lad and the Lion en 1917. En 1918, la National Film Corporation porte à l'écran les premiers chapitres de Tarzan of the Apes.

Les versions fimées abêtissent le héros, tout juste capable d'articuler quelques syllabes, tandis que le roman décrit un Tarzan polyglotte, maîtrisant différents dialectes africains, l'anglais, le français, l'allemand, l'arabe, l'espagnol, le portugais quelques bribes de latin et la langue de singes dont Burroughs établi un lexique de 250 mots en 1939. Le roi de la jungle à l'autorité mâle et incontestée devient à l'écran un mari soumis et diminué par son inadaptation aux canons de l'américain moyen tel que le conçoit Hollywood.

La démolition du mythe au cinéma se fait avec le consentement de l'auteur qui perçoit des royalties et peut difficilement rivaliser avec les moyens de la MGM lorqu'elle bloque, en 1935, par le système du contrat global, dit "block-booking", la sortie en salles de The New Adventures of Tarzan, une série de 12 épisodes tournés au Guatemala. Produite par la Tarzan-Burroughs Enterprises, société créée par l'auteur et un ancien acteur, Dearholt, cette version préservait le héros, le ton et l'univers du roman. Elle sera diffusée en format abrégé en France sous le titre Les Nouvelles Aventures de Tarzan.
Par nécessité, Burroughs devra reconduire le contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer la même année, livrant de nouveau Tarzan à la médiocrité d'autres scénaristes.

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Tarzan the Ape Man,1932.
Full shot of Johnny Weissmuller as Tarzan, carrying Maureen O'Sullivan as Jane Parker.
Copyright : © 1932 Turner Entertainment Co./ All rights reserved./ Courtesy Warner Home Video © 2004
Tarzan TM and Edgar Rice Burroughs TM owned by Edgar Rice Burroughs, Inc. and Used by Permission

Sources

Souvent questionné sur la genèse de son héros, Burroughs mentionnait Rémus et Romulus en évoquant les légendes relatives aux enfants trouvés. Le 31 mai 1927, dans le Daily Maroon, journal de Chicago : "Aussi loin que les faits ont été enregistrés par la mémoire des hommes et transmis oralement de père en fils, il a existé des histoires de bébés humains élevés par les bêtes, et des exemples ont été rapportés de temps en temps jusqu'à ce jour. Il y a dans cette idée quelque chose qui excite fortement l'imagination, ce fut mon cas...".

Il est si facile de juger l'autre à la mesure de sa propre insuffisance qu'on eût du mal à lui attribuer l'magination dont il sut faire preuve en publiant vingt six volumes du cycle Tarzan, onze épisodes des aventures de John Carter sur la planète Mars, trois romans consacrés à la Lune, quatre à Vénus, etc...
Même le pagne tacheté de Tarzan fut relié à un culturiste que Burroughs, âgé de 18 ans, aurait vu en visitant l'Exposition universelle de Chicago de 1893...comme si un auteur construisant son personnage ne pouvait observer que celui-ci, vivant en Afrique, en pleine nature, allait se vêtir des peaux du gibier le nourrissant.
Il s'en amusa et publia une autobiographie parodique s'inventant un père conseiller militaire de l'empereur de Chine.

Tarzan, ayant assuré à son auteur l'argent sans lequel on n'existe pas aux Etats Unis, se range aux côtés des héros éternels affirmant la suprémacie  des valeurs humaines sur le matérialisme outrancier de l'Occident.

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Modèle Christian Dior de la collection Haute Couture automne hiver 2009-2010, présentée lundi 6 juillet 2009 dans les salons de la maison  Dior avenue Montaigne.
Photo : Géraldine Dormoy, journaliste et auteur de Café Mode l'oeil aux aguets d'une parisienne (presque) à la page, avec son aimable autorisation.

Les vitrines présentent des objets et ornements d'Afrique et quelques vêtements européens d'inspiration "brousse". Popularisé par les bandes dessinées et comics, l'imprimé panthère apporte sa touche sauvage et glamour aux collections de mode, en particulier cet hiver prochain.

 

Du 4 juillet au 30 août, des activités sont prévues par le musée du quai Branly autour de l'exposition, parmi lesquelles :


Les mardis à 15h : ateliers pour les 3-6 ans. Découverte de l'univers de la jungle à travers les sons, les goûts, les formes.

Les samedi à 11h : sessions de danses martiales axées sur l'imitation animale dans le théâtre, dans le jardin du musée.

Les 15 et 19 juillet à 16h : spectacle Walking Next to our Shoes, nouvelle création de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin.

Le 24 juillet, à 19h : projection dans le théâtre Claude Levi-Strauss de Tarzan, l'homme singe de W.S. Van Dyke (1932), LE film où Johnny Weissmuller, fameux interprète du roi de la jungle, saisit Jane (Maureen O'Sullivan), par sa robe soyeuse pour la laisser tomber dans un bassin naturel en pleine forêt. La robe lui reste dans les mains, Jane plonge nue et radieuse dans les eaux que l'on imagine émeraudes. Il la rejoint et le couple se livre à un ballet nautique stupéfiant de grâce et d'érotisme pour cette époque encore préservée de la pudeur qui classera le nombril au nombre des zônes interdites dans les années 50.

Le 26 juillet à 16h : projection de Greystoke de Hugh Hudson(1983), avec Christophe Lambert dans le role de Tarzan, la plus fidèle adaptation du roman.

Le 10 septembre à 20h : soirée hommage à Francis Lacassin, spécialiste de la bande dessinée, du cinéma et du roman populaire, fin connaisseur de Tarzan.

Tarzan ! ou Rousseau chez les Waziri, au Musée du Quai Branly.
37, quai Branly
75007 – Paris
Tél : 01 56 61 70 00
mardi, mercredi et dimanche : de 11h à 19h
jeudi, vendredi et samedi : de 11h à 21h
Catalogue de l'exposition, 128 p., 19,50 euros.

26 juin 2009

Tentation du jaune

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Effets d'eau. Tirage limité, numéroté, sur aluminium.

Franchir les limites, c'est une des propositions de Laurent Grizon, photographe captivé par les compositions abstraites qu'il sait déceler dans notre environnement, qu'il soit urbain ou naturel.

Exposé jusqu'au 31 août à l'ArtusHotel, 34 rue de Buci, dans le 6ème arr. à Paris, il est représenté par la galerie MondapArt.

04 juin 2009

Etape artistique

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L'un des visuels très réussis de Leg Agency pour Affordable Art Fair. Il faut saluer la très grande qualité des oeuvres présentés au public, dans une ambiance chaleureuse.

A noter que les artistes et leurs galerie ont prévu un "réassort" : au fil des ventes, d'autres réalisations sont mises en place, ce qui assure une variété de l'offre.

Mes coups de coeur : nombreux !

Le premier :

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"La vie en rose". Une performance de Matthieu Exposito, brillant, talentueux, ce jeune artiste a engagé du personnel pour froisser 25 000 feuilles Trophée Clairefontaine. Il en résulte cet amas fascinant, métaphore du travail à la chaine.

"A travers la dualité de la répétition mécanique du geste, allégorie de l'usinage, et le côté doux, sucré et harmonieux de cette cascade qui rappelle au final l'addiction, Matthieu critique la société de consommation et ce besoin que nous avons de nous remplir continuellement"

A relier au documentaire de Yann Arthus Bertrand "Home" présenté le 5 juin en salles, en dvd, et sur France 2, qui "invite l'humanité à prendre conscience de son exploitation démesurée des richesses de la terre et changer son mode de consommation".

Les sept peintures : Les amoureux autour d'un verre, encre de Chine, acrylique, crayon de couleur arc-en-ciel.

Son parcours : enfant doué en dessin, il a très tôt exploré tous les supports et matériaux, en passant par le graffiti et la peinture industrielle utilisée sur toile.
CAP de communication graphique, Bac professionnel, stage en alternance chez Publicis Signe à Nancy, diplôme des Beaux Arts de Nancy en 2005. Repéré très tôt par une association locale, il décroche sa première exposition en 2000 à Nancy Du verre à l'insecte.

Il développe un univers artistique peuplé des Légendes urbaines, construites au fil de ses observations dans les bars. Les  bistrots, de campagne ou urbains, sont une source d'inspiration inépuisable pour cet observateur acéré des rescapés d'une société basée sur la production de désirs perpétuellement inassouvis.

Sa galerie : Mondapart.


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Jeudi 4 juin, 19h15 : performance de Matthieu Exposito, dans son personnage fétiche Expopaix : deux visiteurs ont cédé au charme du rose et se concentrent sur la confection de feuilles froissées. Leur récompense : faire voltiger la boulette de papier aussi loin que possible sur l'amas.

Remarque : il n'est pas interdit de toucher  cette oeuvre !
Selon Matthieu, certaines "têtes brûlées" vont jusqu'à sauter sur sa montagne rose, mais la baignade sur papier se révèle moins confortable que ne le laisse présager cette couleur bonbon : le papier, comme l'eau ferrugineuse, ça pique !

Puis :

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Les suspensions de Tsuyu, très belles réalisations d'origami, devant les Pin up de Moz.

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Mickey sculpté par Joseph Belhassen.

Réalisés avec des matériaux issus de recyclages industriels, ils ont séduit l'équipe de production de Secret Story, qui les place régulièrement dans le décor de l'émission.

Sa galerie à l'AFF : Xavier Ronse Gallery.

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Alice, photographie d'Hervé Perdriel.

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New York, photographie d'Anne Valverde.

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Les biplans de Kim Gilwong, réalisés avec des morceaux pliés de canettes de Coca, fixés sur une photographie lumineuse.

Galerie de ces trois artistes : Art Jingle.

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Charles Fazzino, fondateur du mouvement 3D aux Etats-Unis,  crée des tableaux en relief par une technique novatrice consistant à tirer en lithographies une peinture originale, puis à découper et coller ces planches en superposition pour produire l’effet 3D. Il puise son inspiration dans les univers essentiellement urbains : New York sa ville natale, mais aussi San Francisco, Paris, Londres ou Venise. Dans le droit fil du pop art, il s’intéresse à notre société contemporaine et traite une grande variété de thèmes tels que le sport, le théâtre, le cinéma ou encore le droit et la finance.

Sa galerie : Artima.

02 juin 2009

Low cost Art

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Un vent trendy souffle sur Paris cette semaine : Affordable Art Fair Paris, propose sa 2ème édition à l'Espace Champerret du 4 au 7 juin.

Lorque le bonheur est simple comme une carte bleue, le coût d'une oeuvre d'art est-il  signe de la perennité artistique lui conférant le statut de "placement de bon père de famille", selon la formule chère aux juristes ?

La réponse négative est démontrée par Will Ramsay, créateur, en 1999, de L'Affordable Art Fair. Ce galeriste admirateur de Tracey Emin, exposée actuellement à l'Espace culturel Louis Vuitton, a souhaité libérer les amateurs d'art contemporain de la notion d'achat "investissement". Le succès du concept s'est traduit par l'édition dans le monde entier de ce point de rencontre des galeristes internationaux. A Paris, comme à Londres, New York, Bristol, Sydney, Melbourne, Bruxelles ou Amsterdam, les  collectionneurs initiés ou nouveaux acheteurs, auront l'opportunité d’acquérir, à l'Espace Champerret, des oeuvres originales d’artistes reconnus ou émergents, à des prix compris entre 100 et 5 000 euros.

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Dédié à la découverte et à la vente d'oeuvres signées par les talents d'aujourd'hui, la foire trendy présentera peintures, sculptures, photographies, dessins, gravures, d'environ 600 artistes contemporains, représentés par 80 galeries d'art francaises et étrangères.
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Fidèle à son ambition d'etre LA foire d'art contemporain conciliant qualité artistique et prix accessibles, l'Affordable Art Fair Paris 2009, volontairement orientée vers un large public, complète l’offre des foires déjà existantes dans la capitale, grands rendez- vous institutionnels
ou foires d’artistes. Pendant toute sa durée, l’offre est renouvelée au fur et à mesure des achats. A l’inverse des foires déjà existantes, les acheteurs peuvent repartir directement avec leur oeuvre sous le bras (un service d’emballage professionnel et gratuit est proposé sur place).

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Nouveautés

Un lieu totalement rénové permettant un accès facilité et un accueil encore plus convivial ;

Un plus grand nombre de galeries présentes avec 80 exposants français et étrangers ;

Un tremplin consacré aux jeunes talents de demain : cinq jeunes artistes de moins de 30 ans, diplômés cette année ou depuis moins de 4 ans d'études d'art auront l'opportunité d'exposer leurs oeuvres au 12.000 visiteurs attendus, de les vendre et de se faire repérer par les galeristes présents .

Une nocturne exceptionnelle est également organisée le jeudi 4 juin : pendant la soirée une vente aux enchères au bénéfice de l’association Sol En Si sera proposée aux visiteurs de la foire.

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Les animations, ateliers enfants sont détaillés sur le site de l'Affordable Art Fair.
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Affordable Art Fair Paris 2009, 2ème édition
Foire d’Art Contemporain de 100 à 5000 €.
Du 4 au 7 juin 2009.

Tarif entrée : 13 €
Gratuit pour les moins de 18 ans.
Bon plan internet :
Rendez vous dans l'onglet "Invitations" et recevez des entrées 2 pour 1.

Espace Champerret-Paris 17ème.  2 Place de la Porte de Champerret.
M° Ligne 3, arrêt aux stations : Porte de Champerret ou Louise Michel.
RER C : arrêt à la station Péreire. 
-
Bus : 7 lignes : N°84-92-93-163-164-165 et PC, Station Porte de Champerret.

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