09 novembre 2010

Eros gothique

venus.jpg

Venus-Bronze. Exposée au Grand Palais

Vous avez aimé les cadavres chinois de l'exposition Our body, à corps ouvert, présentée à Paris à l'Espace Madeleine en 2009, [vue par 30 millions de personnes dans le monde] ?
Il se pourrait alors que vous soyez sensible aux sculptures de Jean-Marc Laroche exposées au Musée de l'Erotisme du 5 novembre 2010 à fin avril 2011.

Spécialisé d'abord dans la fabrication de couteaux de collections, puis éveillé au charme des momies et squelettes par la lecture des Aventures de Tintin, d'Hergé, ce sculpteur exposé à plusieurs reprises dans les festivals de films fantastiques installe ses créatures osseuses dans les chemins coquins de transports amoureux qu'elles n'ont pas forcément connus de leur vivant.

byakhe.jpg

Byakhee couteau-Inspiré de HP a Lovecraft Story

Les Amants du néant-A voir Salle des Vanités du Musée.

Un son pour accompagner la visite :

A noter que Siouxsie Sioux est classée par la rédaction de GQ (novembre) parmi les rock stars sexy des temps modernes...

Qui va voir la danse des morts ?

cecileetamies.JPG

Cécile, charmante jeune femme éprise de couture, et deux amies. Ses réalisations sont à voir sur son blog.

cecile.jpg

Cécile est invitée par l'auteur de Maisons closes parisiennes, Paul Teyssier, qui présente ce jeudi 4, son livre édité chez Parigramme 

Qui n'y va pas ?

claveloux_poucet_1.jpg

Nicole Claveloux et Charles Poucet, occupés à dédicacer leur ouvrage commun à l'étage en dessous : Contes de la fève et du gland publié par les éditions Folies d'encre.

claveloux_poucet_2.jpg

nicoleclaveloux_1.jpg

nicoleclaveloux_2.jpg
Illustratrice, peintre et dessinatrice, auteur de l'insupportable Grabote et le lion Léonidas, série  parue dans le magazine Okapi, Nicole Claveloux a illustré de nombreux ouvrages pour Bayard Presse, Hachette, Laffont.

Elle a publié en 2003 aux éditions Eden une version érotique de La Belle et la Bête, exposée à l'époque au Musée de l'Erotisme.

nicoleclaveloux_3.jpg

Des Centaures et des hommes

nicoleclaveloux_4.jpg

Le sommeil de Madame-Le sommeil de Monsieur

Depuis mon enfance, chaque image, chaque scène vue dans la journée s'incruste dans mes rêves pour transformer mes nuits en calvaire ou tapis de roses.

Autant vous dire qu'Hannibal Lecter n'est pas mon ami et que je redoutais les tranchoirs de Jean-Marc Laroche, profilés pour anéantir les ennemis de Freddy.

Au final, j'ai passé une partie de la nuit à repousser les avances sexuelles gluantes d'une créature couleur laitue mi crapaud mi iguane animée de la farouche volonté de bondir sous ma jupe pour s'y livrer à des attouchements que j'ai refusé d'imaginer en me réveillant brutalement !

Conclusion : attention aux lutins de Nicole. Leurs petits yeux écarquillés s'avèrent moins inoffensifs qu'on ne pourrait le craindre de la part de miniatures féériques.

Quant aux petits hommes verts, s'ils débarquent un jour, qu'ils aillent chez les frères Bogdanoff, moi, je ne suis pas là ! 

Musée de l'Erotisme - Paris XVIIIe
Du 4 novembre 2010 au 28 avril 2011.
Tlj de 10h à 02h du matin. Métro Blanche
  

 

14 juillet 2010

Combinaisons érotiques

ennebee_invitation.jpg
Fesses, seins, cuisses, souliers, chaussures : l'emprise des s se révèle dans les combinaisons graphiques d'Ennebee, exposées au Musée de l'Erotisme jusqu'au 15 novembre 2010. Passionné d'assemblages, l'artiste s'est exercé sur des corps aux couleurs gaies, comme un pianiste déroule ses gammes avant un concert. Le résultat  : des images vives, inventives, créatives.
ennebee_1.jpg
ennebee_2.jpg
Le musée de l'Erotisme présente la première exposition mondiale d'art contorsionniste.
zlata_1.JPG
Zlata au Musée de l'Erotisme, 3 juin 2010

Zlata, contorsionniste née à Ksyl Orda au Kazakhstan, ancienne république soviétique, est également une experte en combinaisons...textiles.
Cette jeune femme dotée d'une souplesse extra-ordinaire, démontre un sens exceptionnel du spectacle. Latex, lycra, vinyle, rubans, soulignent ses formes déliées tout au long de ses shows et sur les photos de Nikita Zolotarev, son photographe attitré.
zlata_2.JPG
zlata_3.JPG
Formée à la gymnastique rythmique et à l'école du cirque, elle démarre une carrière de model dès 16 ans, en Allemagne.
En 2008 Zlata prend part au show télé l’Allemagne a un incroyable talent et termine en demi finale.
La même année elle est inscrite au Guinness des records.
Son site déchaine autour du monde un torrent d’admirations de fans de contorsionnisme et reçoit 6000 connexion chaque jour.
zlata_4.JPG
Zlata devient alors modèle vedette pour Adidas, FHM, Maximum, Stuff Magazin. Sollicitée dans le monde entier pour se produire lors de manifestations événementielles, elle s’est produite dans le film HISS dirigé par Jennifer Lynch pour l’industrie bollywoodienne.

Les amateurs des films de Jean Pierre Jeunet on pu admirer sa plastique remarquable dans Micmacs à tire larigot où elle double Julie Ferrier dans le rôle de  madame caoutchouc.
Les figures classiques de la contorsion sont représentées dans cette exposition. S'y ajoute l'effet érotique propre à toute expression d'un corps, beau, libre, tonique. Goddess of flexibility, Zlata se tord et s'enroule dans des positions où les effets de membres tronqués rejoignent  les visuels imaginés par Ennebee.
zlata_5.JPG
zlata_6.JPG
Zlata et Nikita Zolotarev au Musée de l'Erotisme, 13 juin 2010
Adresse : 72 Boulevard de Clichy, 75018 Paris.
Tel. 01 42 58 28 73, ouvert de 10h à 2h.
Tarif : 5 à 9 euros.
Métro Blanche.

14 février 2010

Coeurs de pierre

Saint Valentin : puisses-tu modeler les émois, les frissons, et les voluptés des amoureux des coeurs de marbre pour orner de pierres brûlantes les dalles des musées.

Combien de joie, de tension, d'exaltation, pour extirper d'un bloc de calcaire, l'intensité des passions fichées dans la chair tendre des amants par les flèches ardentes de Cupidon  ?

tanagra.jpg
Tanagra, Jean-Léon Gérôme, 1890-Musée d'Orsay
"L'art et la sexualité, c'est la même chose " affirmait Picasso.
Oui Mademoiselle Tanagra ! Sculptée par Jean-Léon Gérôme, qui considérait les impressionnistes comme "le déshonneur de l'art français". Qu'aurait-il pensé des Demoiselles d'Avignon et du Minotaure ?
Son hollywoodien du jour : Natacha Atlas et sa reprise de Ya Laure Hobouki de la  chanteuse Libanaise Fairouz

podcast
Associé aux Lupercales, festivités de l'amour et la fertilité dans l'Antiquité, le 14 février est devenu au XIVe siècle en Angleterre, le jour où les amoureux s'avouent leur attirance.
Des Complainte de Saint Valentin (I et II), Complaincte amoureuse de Sainct Valentin Gransson d'Othon de Grandson, chevalier-poète, capitaine durant la guerre de Cent Ans, la coutume demeure d'échanger des mots doux.
De l'échange de billets à celui de baisers, la distance d'un bras sépare les Valentin de leur Valentine : celui de Showtime d'Allen Jones. Une invitation à découvrir ces coeurs de pierre qui livrent éclat, ébats et abandons à l'appréciation du qu'en-dira-t-on.
allenjones.jpg
Showtime, Allen Jones -Exposition Art Nouveau Revival présentée au musée d'Orsay du 20 octobre 2009 au 4 février 2010
clesinger1.jpg
Femme piquée par un serpent, Jean-Baptiste Clésinger-1847-Musée d'Orsay
clesinger2.jpg
Femme piquée par un serpent, Jean-Baptiste Clésinger-1847-Musée d'Orsay
Scandaleuse Apollonie Sabatier,  maîtresse et modèle de Jean-Baptiste Clésinger, séductrice de  Baudelaire et de bien des banquiers du siècle des courtisanes, à la proue du navire florissant du Second Empire de Napoléon III. Moulé in vivo, le plaisir s'étale en toute impudeur sous les yeux courroucés des bourgeois de la Comédie humaine. Selon Théophile Gautier "Clésinger a résolu ce problème, de faire de la beauté sans mignardise, sans affectation, sans maniérisme, avec une tête et un corps de notre temps, où chacun peut reconnaître sa maîtresse si elle est belle".
tarentine1.jpg
La jeune Tarentine, Alexandre Schoenewerk -1871-Musée d'Orsay
tarentine2.jpg
La jeune Tarentine, Alexandre Schoenewerk -1871-Musée d'Orsay
Alexandre Schoenewerk, élève de David d'Angers, s'est inspiré d'un poème d'André Chénier narrant la mort de la jeune Tarentine emportée par une vague avant de retrouver son amant.
arion1.jpg
Arion assis sur un dauphin, Ernest-Eugène Hiolle-1866/1868-Musée d'Orsay
arion2.jpg
Arion assis sur un dauphin, Ernest-Eugène Hiolle-1866/1868-Musée d'Orsay
arion3.jpg
arion4.jpg
En fond, Le dernier jour de Corinthe, Tony Robert Fleury-1870
Arion de Méthymne est un personnage mi-historique mi-légendaire, poète et musicien grec du VIIe siècle av. J.-C. Né à Méthymne, dans l'île de Lesbos, il vit longtemps à la cour de Périandre, tyran de Corinthe, avant de voyager en Sicile et en Italie. Hérodote raconte qu'il y amasse de grandes richesses et qu'à son retour, les matelots décident de le tuer pour se partager ses biens. Avant d'être jeté à la mer, Arion obtient de pouvoir jouer de la cithare une dernière fois. Il attire par ses chants un dauphin et s'élance dans les flots : l'anima le secourt et le porte au cap Ténare en Laconie.
Arion serait l'inventeur du dithyrambe, hymne religieux chanté par un chœur d’hommes accompagné d'un aulos (hautbois double) et d'une danse représentant à l'origine l'emprise de Dionysos sur les hommes.
baiserodin2.jpg
Le Baiser, Rodin-1889-Musée Rodin
"Donne moi mille baisers, et puis cent, et puis mille autres, et puis encore cent. Encore une autre centaine et puis encore mille. Et pout finir, quand nous en aurons mille et mille, nous les mélangerons tous jusqu'à ne plus pouvoir les compter, pour que personne ne puisse nous les voler".
Catulle, poète et patricien romain épris de Lesbie de -62 à -58.
galatee.jpg
Galatée dans les bras du berger Acis-Fontaine de Médicis au jardin du Luxembourg
Le nom de Galatée, fille de Nérée et de Doris, qui vivait au large de la Sicile où le Cyclope Polyphème faisait paître ses moutons et ses chèvres, évoque la couleur blanche du lait.
Galatée, qui n'aimait pas le corps monstrueux de Polyphème, lui préférera le berger nommé Acis, fils de Pan et de la nymphe Simaethis. Le couple se moquera de la jalousie de Polyphème, qui les surprendra endormis sur une rive. Il les réveillera et s'emparera d'un énorme rocher sous lequel il écrasera son rival. Galatée, très triste, fera jaillir une source sous le rocher et fera d'Acis le dieu du cours d'eau.
centaure1.jpg
Centaure enlevant une nymphe, Gustave Adolphe Désiré Crauk-Mairie du 6ème ar de Paris
centaure2.jpg
Comment terminer ce périple ardent si ce n'est avec un poème de Robert Desnos :
Il a su toucher mon coeur ou Les Deux Jumeaux

L'autre soir j'ai rencontré
Un séduisant jeune homme
Et nous avons folâtré
Et dégusté la pomme
Dans le lit que j'étais bien !
Car le lit c'était le sien.

Refrain 1
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et j'aimais déjà la saveur
De ses lèvres
Au bout d'un petit instant
Un instant
Qui dura longtemps
Mais qui me parût trop rapide
Il me quitta d'un air languide
Pour aller se laver les mains
Tout près, dans la sall' de bain.

Peu après il est rentré
Tout rempli de courage
Et il a recommencé
Plein de coeur à l'ouvrage
Car douze fois dans la nuit
La même chose il refit.

Refrain 2
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et je garde encore la saveur
De ses lèvres
Mais le lendemain matin
Du festin
Sur le traversin
Je vis qu'il y avait trois têtes
Et je compris toute la fête
C'était tour à tour deux jumeaux
Qui s'étaient donné le mot.

J'ai gardé ces deux chameaux
Ne sachant lequel prendre
Maint'nant j'aim' les deux jumeaux
Qui sav'nt bien me le rendre
Et je cherche chaque nuit
Si c'est l'autre ou si c'est lui.

Refrain 3
Car ils ont su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Il me faut toujours la saveur
De leurs lèvres
L'un à l'autre fait pendant
C'est charmant
Mais c'est fatigant
Je me demande très anxieuse
Quel serait mon sort d'amoureuse
Si leur mère mieux stimulée
Avait fait des quintuplés.

18 octobre 2009

Érotisme, erotism, erotismo

beautierosvinyl_5.jpg

Plébiscitées par le public les trois expositions du musée de l'érotisme sont prolongées jusqu'au 10 novembre 2009 :

Eros Vinyls : histoire de l'érotisme à travers 60 ans de vinyles, collection de Matthieu Flory, directeur des Editions Ereme.
Jean-Pierre Ceytaire, Cet air coquin.
Jacques Charrier, Le Kâma-Sûtra, le paradis perdu ?

vinyl_7.jpg

Coquine, c'est aussi la ligne éditoriale de la collection ÉROTIX des Editions Delcourt, consacrée aux ouvrages de bande dessinée érotiques et pornographiques.

Deux dessinateurs Italiens captivent les amateurs d'érotisme en bande organisée.

Magnus (Roberto Raviola), dont le célèbre Les 110 Pilules, réédité, agrémenté d’une couverture inédite et de noirs restaurés pour mieux apprécier le travail du maître est sorti en librairie le 23 septembre 2009.
L'auteur reprend ici un célèbre classique chinois de Jing Ping Mei : Hsi-Men Cheng, riche patricien et libertin, se procure auprès d’un vieux moine médecin, 110 pilules qui fortifient le désir sexuel. À ne consommer qu’une fois par jour. Mais la tentation est trop forte et face à la peur de vieillir, Hsi-Men abusera du produit miracle jusqu’à sa déchéance finale.

110pils.jpg
Guido Crepax, spécialiste de l'illustration érotique. Après une formation d'architecte, devenu illustrateur de pochettes de disques de jazz et de publicités, il débute en bande dessinée en 1959 dans la revue Tempo Medico. En 1965, il participe à la nouvelle revue Linus, donnant naissance à la série Valentina, qui connaîtra neuf volumes. Crepax a dessiné les auteurs classiques du genre érotique : Sade, Sacher-Masoch, Casanova et Réage. Il a également livré un Docteur Jekyll et Mister Hyde en 1984 et un Dracula en 1988.

Son Emmanuelle posera ses jambes déliées sur la houpette de Titeuf à partir du 18 novembre 2009.
crepax_1.jpg
gcrepax.jpg
Musée de l'érotisme-72 boulevard de Clichy- Paris 18e. M° Blanche.
Téléphone : 01 42 58 28 73.

14 mai 2009

Strip pochette

erosvinyl_4.JPG

A 150 pas du Moulin Rouge, "Eros vinyls, histoire de l'érotisme à travers  60 ans de vinyles" nous fait danser les pupilles en orchestrant 120 pochettes de disques 33 tours réunies pour leur érotisme et leur graphisme audacieux.

Rassemblée par Matthieu Flory, directeur des Editions Ereme, cette collection trouve une place de choix au Musée de l'érotisme, temple savamment édifié par Alain Plumet, conservateur d'un lieu dédié au charme, à la fantaisie et aux péripéties de l'amour et du sexe.
beautifulvinyl_3.JPG
Organisé par catégories : disco, bondage, chanson française, funky, gros-plan..., ce parcours démontre que les disques, destinés au plaisir sonore, savaient d'abord captiver le regard par des pochettes mettant en scène les fantasmes les plus acceptables et les icônes du cinéma.
ruban.JPG
erosvinyl_12.JPG
erosvinyl11.JPG
erosvinyl_6.JPG
Le Musée de l'érotisme
L'illustration sonore est assurée à l'accueil par Deborah, à qui je  dois la découverte de Jehro, reprenant "Les passantes" de Georges Brassens
podcast
Si, à l'instar des supermarchés et eros center cernant le quartier, la boutique du rez de chaussée présente bijoux sensuels, gadgets et littérature sexuels, un texte extrait de "L'érotisme primitif" de Lucienne et Jésus Romé, présenté dans une des vitrines du rez de chaussée, donne le ton et le fil conducteur de la visite.
muserotisme_3.JPG
"L'échange amoureux, qu'il se situe au niveau du dialogue ou à celui de l'acte sexuel, a toujours été pour l'homme d'une importance fondamentale. C'est pourquoi l'on peut dire qu'il fait partie intégrante de l'histoire. Tant qu'il lui reste des forces et même s'il a faim, s'il est en guerre ou à l'article de la mort l'être humain refuse de nier sa sexualité. L'érotisme est une sorte de révolte contre la mort, de culte à la vie".
Alain Plumet, qui a sélectionné soigneusement cet extrait raconte l'histoire du Musée :
"Un musée sans tutelle de l'Etat".
podcast
Prévoyez deux heures de visite pour apprécier la richesse des oeuvres présentées sur cinq étages et un sous-sol. Dessins, peintures, sculptures, livres films, démontrent l'étendue du répertoire amoureux de tous les temps et toutes les classes sociales. Fantasque, étrange, créatif, cru, déroutant, amusant, spirituel, voire rituel, le sexe inspire, dérange, intrigue mais surtout, exprime la vitalité des créateurs à son écoute.
muserotisme_4.JPG
"Ce musée témoigne de l'érotisme sacré".
podcast
Nous évoquons au cours de cet entretien "Polissons et galipettes", une composition de petits films libertins du siècle dernier,  réalisée et produite par Michel Reilhac et Mélange Production, projetée en permanence au Musée de l'érotisme. Sous leurs  titres moins offensifs que ceux des années 70, LA FESSEE A L’ECOLE (1925), MOUSQUETAIRE AU RESTAURANT (1920), LA VOYEUSE (1924), MISS BUTTERFLY (1925), recèlent leur trésor de femmes de chambres troussées, vicaires en roue libre, écolières dissipées.
Selon Michel Reilhac "Il semble que dès les premiers jours du cinéma muet, la caméra ait servi à satisfaire les besoins les plus primaires du voyeurisme qu’elle permettait d’assouvir en filmant les ébats amoureux. Il est certain que toute une production clandestine s’est très rapidement, dès le tout début du vingtième siècle, mise en place pour alimenter les collections érotiques d’amateurs.

Ces films ont aussi rapidement été programmés en séances à heures fixes dans les salons d’attente des bordels sophistiqués. Le but de ces séances était double : elles offraient une manière émoustillante d’attendre que ces dames soient disponibles, une sorte de mise en bouche, et elles permettaient aussi aux jeunes hommes amenés là pour la première fois par leurs oncles (souvent le dimanche après la messe), de prendre leurs premières leçons d’éducation sexuelle.
Ils y découvraient ébahis le corps des femmes et surtout comment l’honorer. Une fois initiés de la sorte aux secrets virils ils pouvaient passer aux travaux pratiques. Ainsi pouvaient se transmettre les gaillardes traditions de l’amour vu par les hommes."

Les collections permanentes offrent un fonds documentaire très riche, relatif à la prostitution en France, collecté par Romi, journaliste et auteur, avec Alphonse Boudard de "L'âge d'or des maisons closes" re-édité en octobre 1990 chez Albin Michel.

Destiné à un public adulte, le message transmis par ce foisonnement sensuel reste celui du KâmaSûtra :

muserotisme_5.JPG
Du sanskrit Kâma "Le désir", et de sûtra "L'aphorisme". Soit au sens littéral : "Les aphorismes du désir". Il s'agit d'un recueil indien écrit entre le IVème  et le VIIème siècle, traduit pour la première fois en 1876 par Sir Richard Francis Burton, explorateur génial, érudit, qui s'affubla d'une épouse plus soucieuse de ménage que d'ethnologie. A la mort de son intrépide mari, elle brûla toutes les archives des épopées et découvertes fabuleuses de l'aventurier pour ne pas "déshonorer" la famille.

Composé en accord avec les principes des saintes écritures, pour le bénéfice du monde, par Vâtsyâyana alors quil menait la vie d'un étudiant en religion à Bénarès et qu'il était profondément engagé dans la contemplation de Dieu. Il considérait le plaisir sexuel comme le symbole de la béatitude suprême et comme l'un des moyens qui y conduisent.
Le propos de son ouvrage était de faire parvenir à la saine jouissance des plaisirs charnels mais aussi de laver l'esprit de tout trouble, donc de toute souillure.
muserotisme_6.JPG
Souvent richement illustré de miniatures, il prodigue des conseils de séduction pour une vie harmonieuse dans le couple, notamment au travers de positions sexuelles (bien que les 64 positions aient fait la popularité de l'ouvrage, elles ne constituent toutefois qu'un chapitre du livre à proprement parler), destiné à l'origine à l'aristocratie indienne.

Le Kâmasûtra, qui n'est donc pas seulement consacré au sexe, traite également d'un art de vivre qu'une personne cultivée se devait de connaître. Il aborde par exemple l'usage de la musique, la nourriture, les parfums...

À l'origine, le Kâmasûtra était essentiellement destiné aux hommes et aux courtisanes. Cependant, le livre donne aussi des conseils aux femmes et aux couples et indique que les hommes n'étaient pas tenus à la seule relation sexuelle, mais devaient aussi maîtriser les baisers, les caresses, les morsures et les griffures. Il décrit un certain nombre de positions, mais également le comportement à tenir par les partenaires pour laisser ensuite place à leur imagination.
"Dès que la pornographie est proche de l'humour, elle rejoint l'érotisme".
podcast
72 boulevard de Clichy, Paris XVIII. M° Blanche. Téléphone : 01 42 58 28 73.
Ouvert 7 jours sur 7 de 10h à 2h du matin. Prix du billet d'entrée : 8 euros. Le site du Musée propose trois euros de réduction.
Expositions temporaires : Eros vinyls, Jean-Pierre Ceytaire, Jacques Charrier : jusqu'au 9 octobre 2009.