24 septembre 2009

Oh my God : un cadre !

Le succès des expositions, des musées-8,5 millions d'entrées au Louvre en 2008- témoigne de l'intérêt du grand public pour la culture. Que voit-on dans ces lieux de conservation du patrimoine artistique ?

Des sculptures, des dessins, des peintures et ...des cadres.
Parfois, on ne voit même que cela.
L'actualité gourmande nous permet de soulever une question.

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La maison Ladurée propose jusqu'à la fin septembre une série limitée de coffrets collectors illustrés par Louboutin.
Le célèbre chausseur parisien en a imaginé trois : pour six, huit ou dix-huit macarons.
Durée de vie d'un macaron : une heure ? Trois ? Douze ?
Durée de vie d'une toile de maître : un siècle ? Trois ? Douze ?

A bien regarder les tableaux présentés dans certains musées, on peut se demander si les conservateurs ont médité la fameuse devise égalité-fraternité inscrite dans la constitution française.
Une toile de Cézanne ne mérite t-elle pas autant d'attention qu'un macaron ?

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Paul Cézanne (1839-1906)
Pommes et biscuits (1879-1880)
RF 1960-11 Musée de l'Orangerie

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Paul Cézanne (1839-1906)
Nature morte, poire et pommes vertes (Vers 1873)

RF 1963-10 Musée de l'Orangerie

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Pierre Auguste Renoir (1841-1919)
Bouquet (Vers 1900)
RF 1963-15 Musée de l'Orangerie

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Thomas Gainsborough (1727-1788)
Lady Alston.

Portrait réalisé à Bath, célèbre ville d'eau anglaise.
Le cadre, français avait été conçu pour entourer un portrait
de Mme de Pompadour, comme l'indique les petites tours qui les parsèment.

(oui, au Louvre, on prend des libertés avec l'orthographe ...)

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Francesco Albani dit l'Albane (1578-1660)
Apollon et Daphné. Vers 1615-1620
Salmacis et Hermaphrodite. Vers 1630-1640
Musée du Louvre

Le rapport peinture/cadre est-il en faveur de la toile, finalement ?








21 septembre 2009

Le souffle du rock'n'roll : l'enfer au musée Maillol

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Brasier luisant de l'éclat des stars consummées par ses flammes, le rock griffe les lambris du musée Maillol jusqu'au 26 octobre 2009.

Bye bye, bye baby, bye bye, l'exposition de trente planches originales de l'album Rock Dreams, paru en 1973, conçu par Guy Peellaert, peintre, et Nik Cohn, journaliste, historien et critique de rock anglais, remet en lumière les mythes qui ont fracassé la chanson populaire mondiale dans les années 50. "Le rock est sorti des marécages de Virginie, calmement et lentement, avec une précision extrême, limité dans son rythme, et difficile à apprivoiser. Certains y voient une éclatante présence divine, d'autres l'associent à la dure réalité du rêve américain" chantait Jim Morrison dans The Wasp, en 1971, année de sa désintégration dans la drogue et l'alcool.
Jimi Hendrix, Janis Joplin, Elvis Presley, autres légendes calcinées par le star-system, figurent parmi les personnages de cette galerie    imaginaire reconstruisant en images le parcours du rock commme on peignit les actes des apôtres pour l'édification des âmes perdues.
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Perdus, les adorateurs de la musique profane portée au sommet des charts par Hank Williams, Chuck Berry, Little Richard, Jerry Lee Lewis, déploraient la fin du mouvement rock à l'arrivée de la pop. Selon Bertrand Lorquin, Conservateur du musée Maillol "Dans les années 70, le rock était en perte de vitesse, fragilisé par le folk, la pop... Ses fans se morfondaient en silence. Alors que personne n'y croyait plus, Guy a donné une écriture et un sens à cette musique. Il nous avait compris, nous n'étions plus seuls".

Guy Peellaert né le 6 avril 1934 à Bruxelles dans une famille de riches bourgeois, a suivi dès son adolescence réfractaire aux conventions de son environnement privilégié, l'émergence des nombreux genres musicaux du Sud des Etats Unis desquels surgira le fameux "That's All Right Mama" enregistré le 5  juillet 1955 par Elvis Presley dans les studios de Sam Phillips à Memphis.
Graphiste, peintre, il débute comme décorateur de théâtre et participe au renouveau de la bande dessinée française des années 60. Tandis que Serge Gainsbourg écrit ses premiers succès pour France Gall : Poupée de cire poupée de son (1965), Les sucettes à l'anis (1966), il s'installe à Paris et rejoint la bande du mensuel satirique Hara-Kiri lancé en 1960.
Sous la houlette de Georges Bernier (alias le Professeur Choron) et de François Cavanna, ce magazine oriente la bande dessinée vers un public adulte, bercé par le duo torride de "Je t'aime... moi non plus".

En 1962, Jean-Claude Forest crée Barbarella, l'une des premières héroïnes sexy du neuvième art. Inspirée par Brigitte Bardot, elle incarne la libération sexuelle et le bouleversement des moeurs inhérent à l'affirmation de l'égalité des sexes en Occident.
Toute la société française n'étant pas encore prête à accepter l'image d'une femme émancipée, la publication en 1964 par Eric Losfeld des albums de la pulpeuse voyageuse de l'espace suscite ce qu'il faut de scandale pour la consacrer comme première bande dessinée érotique.

Aimons, foutons, ce sont des plaisirs
Qu'il ne faut pas que l'on sépare;
La jouissance et les désirs
Sont ce que l'âme a de plus rare.
D'un vit, d'un con et de deux cœur
Naît un accord plein de douceurs
Que les dévots blâment sans cause.
Amaryllis, pensez-y bien :
Aimer sans foutre est peu de choses,
Foutre sans aimer, ce n'est rien.

Écrivait Jean de La Fontaine trois siècles avant 69 Année érotique.
Le grand public ne connaissait pourtant du fabuliste que Le loup et l'agneau !

La génération du baby boom, en accédant plus facilement à l'Université, se découvre de nouvelles exigences culturelles auxquelles savent répondre des auteurs, musiciens, peintres sortis de "l'underground", tels Guy Peellaert. Ses "Aventures de Jodelle", sur un scénario de Pierre Barbier, paraissent en 1966 dans Hara-Kiri. Jodelle, avatar de la chanteuse Sylvie Vartan et motocycliste longiligne court vêtue, évolue dans un décor Pop Art parodiant les films d'espionnage des années 60.
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Pravda, la survireuse, sa seconde héroïne paraît en 1968 (modèle : Françoise Hardy) et confirme l'évolution de la bande dessinée vers un érotisme élégant, flirtant avec la mode, l'art, et la littérature. Quatrième sur l'échiquier des hommes qui aimaient les femmes  en cuissardes : Valentina, déesse aux traits veloutés inspirés de Louise Brooks, soumise aux fantasmes exubérants de Guido Crepax dans Neutron, récit graphique publié à partir de 1965 dans Linus, magazine italien de bandes dessinées.
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Fasciné par la culture américaine, Guy Peellaert étend ses activités de graphiste à la réalisation d'affiches de cinéma :
Paris, Texas ; Les Ailes du désir ; Taxi Driver... L'idée lui vient de  réaliser de "petits films" mettant en scène les héros du show business qui fait vibrer le monde depuis que la "musique de nègres" a pris possession de jeunesse. Réduit à "une forme d'expression vicieuse et dégénérée", susceptible de n'intéresser que les adolescents de la classe ouvrière ou de la communauté noire, le Rock’n Roll cristallise à ses débuts les critiques racistes et réductrices quant à son apport musical.
En 1973, son histoire chaotique publiée sous le titre  Rock Dreams remporte un succès considérable en Europe et aux Etats Unis. Les 125 tableaux de Peellaert illustrant de brefs textes incisifs de Cohn offrent une chorégraphie des idoles qui ont accompagné le rêve américain. La technique de l'aérographe apporte la douceur et l'effet photographique souhaités par le peintre pour transporter le public dans une réalité rêvée.
Fats Domino, Bill Haley, The Beach Boys, The Beatles... tous sont mis en image dans un style bollywoodien, insérés dans des histoires réelles et imaginaires. Rolling Stone en quintet sadomaso surpris sur la moquette en poil de singe abricot d'un Holyday Inn. Ray Charles au volant d'une de ces "belles américaines" ayant fait la fortune de Général Motors. Janis Joplin en robe de scène pailletée reposant sa solitude et sa bière sur le lit d'une chambre totalement nue...Même enveloppée du froid manteau de la mort, la star reste glamour dans cet album du succès d'un style marqué par le sacrifice de ses adeptes les plus vulnérables.

En 2003, cinq ans avant son décès, Guy Peellaert disait dans Beaux Arts Magazine : "Je n'ai pas peur de la mort. Ce qui est terrible, c'est la vie sans passion. C'est pourquoi “Rock Dreams” plaît encore aujourd'hui. L'émotion vous maintient vivant. Le Rock représentera toujours le luxe, le clinquant, la fantaisie. Ces images sont un souvenir de ce rêve.


Musée Maillol, 61, rue de Grenelle, 6e. M° Rue du Bac.
Tlj sf mar. et jours fériés 11h-18H.

A voir aussi au musée "Le parcours d'une collectionneuse" : présentation du 3 septembre 2009 à fin janvier 2010, de 15 huiles et 20 gouaches de Serge Poliakoff (1900-1969).










12 septembre 2009

Contrepoint carmin

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Alexia, étudiante dans une école de mode à Buenos Aires semble sortie de Mulholland Drive pour personnifier les rêves de David Lynch exposant quarante lithographies à la "Galerie des Galeries" au  Lafayette Haussmann, du 8 septembre au 3 octobre 2009.

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Investissant onze vitrines, le cinéaste, ex étudiant des Beaux-Arts de Boston se propose de susciter rêves et émotions sur une thématique "Machines, Abstraction and Women" reflétant l'univers étrange décliné dans Elephant Man (1980), Blue Velvet (1986) et Mulholland Drive (2001). 
A l'origine de cette collaboration artistique, l'affirmation du rôle culturel d'un grand magasin, revendiqué par Paul Delaoutre, directeur général des Galeries Lafayette.

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La direction de l'enseigne parisienne perpétue ainsi un tradition établie depuis les années 50. Précurseurs du Pop Art, Jasper Johns et Robert Rauschenberg créaient des vitrines pour les magasins Bonwit Teller et Tiffany. Afin d'éviter la confusion entre leurt art et ce qu'ils estimaient n'être qu'un job d'appoint, ils réalisaient ce design de vitrines sous le pseudonyme de " Matson-Jones ".
David Lynch, à l'instar de Warhol, également créateur de vitrines sous son nom, assume pleinement l'association Art/Commerce. Mais à la différence de ces premières incursions d'artistes dans le merchandising, la direction n'a pas commandé  une scénographie des produits vendus par l'enseigne. Elle a transformé pour quelques semaines ses vitrines en mini galeries d'art dédiées au plasticien /cinéaste .
Un rôle nouveau de "passeur d'art", assumé par Guillaume Houzé, passionné d'art contemporain et arrière-arrière-petit-fils de Théophile Bader, le fondateur du grand magasin.
Il révèle  ainsi qu'à l'issue de l'exposition, les pièces exposées seront vendues aux enchères par Christie's au profit de la Fondation
d'entreprise PPR pour la dignité et les droits des femmes.

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07 septembre 2009

Sunday at the Louvre

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Fresh floral cotton for a Jamaican young woman.

Painting : Baron Antoine-Jean Gros-Paris, 1771-Christine Boyer (1776-1800), Lucien Bonaparte's first wife.

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Andalousites taillées

05 septembre 2009

Indian summer in Paris : perfect blue jean from Scotland

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Mari is visiting Guy Peellaert exhibition at musee Maillol. Her shoes sound like the good friends of the blue light that gives a special atmosphere.

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Détail de la partie centrale d'un collier de mariage Maasaï.
L'agencement des couleurs traduit un souci d'harmonie, de bien-être. Les perles sont associées entre elles en fonction de leurs contrastes. Chaque couleur correspond à un élément de l'environnement des Maasaï.
Xavier Van der Stappen "Les Maasaï".
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Les Seychelles-La Silhouette.
Photo Christophe Jung.
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Walt Disney- Orphan's benefit 1941.


03 septembre 2009

Un félin chez Lanvin

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Suivre son intuition et filer comme l'éclair du côté du Faubourg Saint Honoré, ignorer les macarons Ladurée aux couleurs crissantes, aperçus sur le trajet rue Royale pour découvrir MA vitrine à suivre à Paris.
Joie et bonheur en arrivant devant la boutique Lanvin, un petit homme vêtu d'un costume noir, pieds nus dans ses sabots hollandais, une chute de soie nouée autour du cou comme on attache une ficelle autour des pots de confiture d'été, dirige la symphonie en Là majeur.
Moulinets de bras, petits sourires, toute une gestuelle muette pour diriger l'équipe de merchandising occupée à réaliser la nouvelle vitrine.
Non ! Là ! Pas là, de ce côté !
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Albert Elbaz,  directeur de la création de Lanvin me livre alors le secret de ces vitrines : il joue à partir d'éléments simples, tels que les meubles recouverts de tissus pour la durée des vacances, les chats dessinés sur une gravure de Jeanne Lanvin.
Nous nous rejoignons sur un point essentiel : la nécessité du rire et du plaisir de jouer avec la mode. Au diable la solennité !
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Cela se sait peu : la voix d'Albert Elbaz est un enchantement, comme une écharpe d'organza roulée sur le granit. Ses manières et son regard révèlent le siamois qui dort en lui et s'est multiplié pour animer la vitrine terminée... ce soir ? A suivre...  


01 septembre 2009

Terminal C

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La rentrée : le retour de l'agenda, des horaires et du style. Drap de laine, crêpe de soie, coupe sobre soulignant la ligne d'un caban, d'une robe poid plume.

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Traces de pas aux Tuileries, près du musée de l'Orangerie.
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Collier Navajo, vers 1900-Argent et turquoise.

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