26 avril 2009

Lettres d'or

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Ecritures Silencieuses, l'exposition présentée à l'Espace culturel Louis Vuitton du 27 mars au 23 août 2009 donne à contempler la magie des mots et le génie d'artistes plasticiens alliant poésie, graphisme et technologie en un rituel d'écriture fondé sur la puissance des images et le sens attribué aux signes et symboles connus depuis la plus haute Antiquité.

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"Une quinzaine d'artistes sont réunis, qui jouent avec les alphabets, les mots, les phrases, et qui, silence oblige, donnent à réfléchir...Au fil de l'exposition, se met en place la confrontation entre la civilisation du signe et celle de l'image, entre le mystère et l'évidence, entre l'indéchiffrable et le révélé, entre le symbolique et le sens".

Regard sur trois d'entre eux :

Marco Nereo Rotelli
Né à Venise en 1955. Vit à Milan.
Tout jeune diplômé en architecture en 1982, imprégné des merveilles de l'art vénitien, Marco Nereo Rotelli est devenu artiste en choisissant comme support, les façades des palais, les murs borgnes d'immeubles modestes, sur lesquels il projette, des images faites de lumière, de couleur de mots et de signes, où se mêlent poésie, philosophie et partitions musicales.

Faits majeurs
-Bunker Poetico, présenté à la Biennale de Venise en 2001.
-Inauguration du Petit Palais à Paris, en 2000 : hommage à Baudelaire.
-Jardin poétique à la Fondation Cartier à Paris, en 2002.
-Conception d'un nouvel espace détente au Living Theater de New York : boutique et cafétéria.

Sun 7
Né à Paris en 1977. Vit à Paris.
Découvre dans les années 90 l'univers du graffiti, la culture des tags new-yorkais. Il peint sa première fresque murale en 1993. Le travail de Keith Haring constitue un véritable déclic qui le pousse à chercher son propre style. Il commence à recouvrir les murs de Paris de ses entrecroisements et chevauchements d'images et lettres diffusés à la bombe aérosol.
La vitalité de l'Action Painting, le mystère des masques africains et des tatouages maoris : son style est un métissage d'influences géographiques, historiques, où la calligraphie domine. Jetées sur des murs, des toiles des plaques de métal et des sols de béton, ses couleurs  intenses forment des portraits, des idéogrammes composés de milliers de signes réunis en résilles indéchiffrables.

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Charles Sandison
Né en Ecosse en 1969. Vit à Tampere, en Finlande.
Enthousiasmé par les multiples théories liées à la physique et la biologie, comme à la linguistique et à la médecine, Sandison s'intéresse aux systèmes qu'elles mettent en place et aux pouvoirs qu'elles exercent. Loin du pur concept, il crée un nouveau langage, une réflexion sur les territoires des connaissances, à partir de programmes informatiques et d'algorithmes, qu'il projette dans des espaces obscurcis.

Le spectateur est invité à s'immerger dans ces architectures remodelées, à errer entre les mots et les signes saisissant le sens et la sensualité d'un dessein poétique.
Charles Sandison créé « in situ » des œuvres dont les algorithmes ponctuent les espaces d'une nouvelle grammaire à la syntaxe proche d'une structure génétique : une multitude de mots se déplacent, se rencontrent, et créent de nouveaux mots.
L'œuvre est ainsi un texte à la signification évolutive. Ses projections présentent des images composées de mots et de chiffres en mouvement perpétuel.

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Faits majeurs
-Manifesto : projetée sur la façade du Grand Palais à Paris en décembre 2008 pour marquer la fin de la présidence française de l'Europe. Les mots et phrases issus de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne se bousculent, s'interpénètrent, se chevauchent, se téléscopent, rebondissent comme une pluie multicolore.
-Musée d'Orsay, du 22 Février 2008 au 18 Mai 2008, projection sur les nymphéas bleus de Claude Monet.


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Espace culturel Louis Vuitton, 60 rue de Bassano, 101 avenue des Champs Elysées, 75008 Paris-M° George V
Ouvert du lundi au samedi de 12h à 19h, le dimanche de 11h à 19h. Ouvert les jours fériés.

22 avril 2009

George Condo : artista destacado

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Destacado, remarquable. "La civilisation perdue", de George Condo, peintre contemporain, auteur d'une centaine de peintures, sculptures et dessins réalisés entre 2007 et 2008 constitue le dernier volet d’une trilogie sur la peinture américaine des années 1980 présentée au musée Maillol-Fondation Dina Vierny, jusqu'au 17 août 2009.

Tout comme Jean-Michel Basquiat et Keith Haring, Condo  émerge sur la scène new-yorkaise dans les années Reagan. La "Ville qui ne dort jamais" inspire et nourrit ce virtuose insatiable de curiosité à l'égard des tableaux des grands maîtres, des personnages de cartoons, et de l'actualité.

Eléments de biographie
Né en 1957 à Concord dans le New Hampshire, il a étudié l'histoire de l'art et la théorie musicale à l'Université du Massachusetts à Lowell. A 18 ans, membre d'un groupe punk, "The Girls", son premier concert à New york l'oppose à Jean-Michel Basquiat, lui aussi sur scène avec son groupe "Gray". Oscillant entre carrière musicale et peinture, il s'engage finalement dans la voie picturale et commence à exposer dans diverses galeries de l'East Village dès 1981.

Créer son univers
La Factory d'Andy Warhol, lieu d'expression et de passage de toutes les exubérances artistiques et sexuelles permet à Condo, sérigraphe intérimaire d'observer les écrans de soie warholiens dans leur action d'absorption, digestion et transcription d'images de toutes provenances. Icône du Pop Art, "Andy Candy" avait alors, selon David Bourdon, l'un de ses biographes, "Ce regard froid et distrait qui passe à travers les murs". Il ne verra pas le jeune artiste à la sensibilité affûtée, et achètera trois de ses toiles, sans reconnaître en George Condo un ancien assistant.

"Je n'ai pas dit à Warhol que j'avais travaillé à la Factory, j'ai senti qu'à ses yeux,il n'aurait pas été très valorisant d'avoir épousseté les écrans de sérigraphie dans son atelier..." De cette expérience, il retient un précepte : le peintre doit créer son univers. Condo prend le contre-pied d'une époque dominée par la Figuration libre, la Transavantgarde, et le Néo-expressionnisme (Keith Haring, Hervé Di Rosa, Robert Combas...).

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Métissant des sources d'inspiration variées, il réintroduit les techniques des maîtres dans la peinture contemporaine et construit un style qu'il baptise "Réalisme artificiel". Il s'agit de la représentation réaliste, voire surréaliste d'une réalité factice, celle du milieu du XXème siècle.

D'autres peintres l'ont précédé dans cette démarche : Equipo Chronica analysant le "Déjeuner sur l'herbe" de Manet, Picabia pastichant tous les styles connus.
Plus proche dans le temps, Roy Lichtenstein, en 1984, s'est inspiré de la composition d'une toile de Van Gogh,"Le Semeur", et en 1995, des "Baigneurs avec ballon de plage de Picasso" (1928).

Tout comme le créateur des points de trame, Condo, considérant que la culture américaine ne peut se construire sans référence aux grands classiques européens, ancre sa peinture  dans la culture fondamentale de l'histoire de l'art.

Son style
Peignant seul, sans assistant, il utilise un arsenal classique : acrylique, craie, pastel, gouache, mine de plomb, encre, aquarelle, collage, pour arrimer sur la toile ou le papier une galerie de personnages extravagants et dézingués extirpés dans la forme, des oeuvres des siècles passés, et sur le fond de tout ce qui constitue l'univers foisonnant de notre époque passé au laser de son imagination.

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Bronze, acier sont également des vecteurs de ce "realistic show" pointant les dingueries de l'être humain. Sont ainsi revisités Velasquez, David, Goya, Picasso, Matisse, Bacon. George Condo révèle des potentialités non exploitées des styles précédents et pousse la démarche vers la caricature, comme on augmente l'intensité d'un ton sur une palette graphique.
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Croquer la mort à belles dents
Ce pourrait être la devise et le fil conducteur de l'exposition tant les toiles, dessins et sculptures démontrent l'habileté du peintre à s'approprier les formes révolues pour mieux les reconstituer sous l'oeil intrigué du spectateur contemplant une "Maja Vestida" avec la perplexité et le sourire déclenché par la référence aux tableaux de Goya.
Le traitement nous transporte dans l'époque des drapés rehaussant un portrait sous un éclairage spectaculaire, mais les sujets et personnages loufoques n'ont qu'un auteur : George Condo.
Jean-Louis et Rodrigo sont deux phénomènes de ce casting digne de Fellini. Définis par le peintre comme vaurien pour l'un et gardien de parking pour l'autre, ils mènent la vie que Condo, rivé à la toile, ne peut s'accorder.
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S'il est un élément iconographique à retenir ici, comme la petite musique de Vinteuil saisissant Swann au détour d'une conversation, ce serait la dentition.
Les dents qui sourient, rient, ricanent ou dévorent, attrapent le regard pour créer la continuité picturale de ces portraits, vanités, scènes de genre. Sur la centaine d'oeuvres exposées, la presque majorité d'entre elles montrent les crocs.  Affrontant du pinceau les à-coups d'une réalité souvent pathétique, George Condo veut "voir le côté positif des choses". Ces sourires plaqués ne relèvent pas de l'envie d'incarner un guignol enchanté, car Condo ne se pose pas en amuseur.

Peut-on y voir une parcelle d'un crâne emblématique des vanités du XVIIème siècle ? Ne serait-ce pas plutôt, pour ce peintre souhaitant créer des personnages qui transcendent le temps, l'utilisation d'un symbole particulièrement puissant leur assurant la traversée des prochaines décennies ? La dent, par son exceptionnelle dureté qui lui permet, au-delà des siècles, de résister aux aléas du temps, est un symbole de force, d'invincibilité et même d'éternité.
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La consécration
George Condo a été elu "artiste de l'année" par ArtsConnection en 2008.  Son talent, reconnu dès ses 23 ans lui vaut les honneurs de ses pairs et une reconnaissance internationale. Museum of Modern Art, Whitney Museum of American Art, Solomon R. Guggenheim, à New York ; Albright-Knox Art Gallery, à Buffalo. Ses oeuvres sont présentes dans des  institutions prestigieuses et exposées à Zurich, Séoul...
Le réalisateur John McNaugton a tourné en 2000 le documentaire Condo Painting, diffusé dans la salle proche de la cafétéria au sous-sol de la Fondation Dina Vierny. William Burroughs, Allen Ginsberg ont participé à cette aventure.
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Sa démarche de reprise des techniques des maîtres stimule la jeune création contemporaine : Glenn Brown et  John Currin sont considérés commes les continuateurs de George Condo.

Trois questions à George Condo rencontré le 16 avril 2009 :

1-What was the effect of the Factory on your job ?
2-Where are the titles coming from ?
3-What makes you laugh in your life ?

Réponses de l'artiste :
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Au cours de cet entretien, nous évoquons l'histoire de l'une de ses toiles :
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Eliot Laurence Spitzer, membre du Parti démocrate, Attorney General de l'état de New York de 1999 à 2007 et gouverneur de ce même état du 1er janvier 2007 au 12 mars 2008.
Répertorié comme "Client n°9" d’un réseau de call girl haut de gamme, Emperors Club VIP, démantelé par le FBI, il a démissionné de son poste suite aux révélations du New York Times en mars 2008, pendant la campagne présidentielle.
Selon le FBI et des sources proches de l'enquête, le gouverneur Spitzer aurait à six reprises rencontré des prostituées dans un hôtel de la ville et aurait dépensé près de 80 000 dollars pour ces services. Le scandale a porté atteinte à son image comme l'ont révélé des sondages selon lesquels 68% des électeurs New-Yorkais souhaitaient sa démission.

Le point d'orgue de cette histoire ? Son action comme attorney de NYC fut très appréciée et, combinée avec l'action du maire républicain Rudolph Giuliani, la criminalité subit une baisse appréciable. Surnommé le "Shérif de Wall Street", Eliot Laurence Spitzer trainait alors en justice des responsables de réseaux de prostitution, ainsi que, pour corruption, des dirigeants de banques d'affaire ou de sociétés d'assurances.

Il a notamment infligé des amendes d'un montant total de 1,4 milliard de dollars à 10 des plus importantes firmes de Wall Street, accusées d'avoir procuré des conseils boursiers tendancieux. Cute details here.

Reste à savoir si les électeurs lui reprochaient les sommes dépensées en récréation sexuelle ou l'incapacité à résister aux appâts de ses concitoyennes....


Musée Maillol-Fondation Dina Vierny, 61 rue de Grenelle, 75007 Paris-Métro : Rue du Bac Renseignements : 01.42.22.57.25

Tous les jours sauf le mardi et jours fériés de 11h à 18h. Tarifs : de 6 à 8 euros.








 

 

 

 

 

14 avril 2009

MamboMono

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Ce matin, dans mon courrier, l'annonce d'une nouvelle collaboration entre Louis Vuitton et le talentueux Takashi Murakami, artiste japonais.

A découvrir sur ce lien :

http://www.youtube.com/watch?v=Mha26vA-tkw

12 avril 2009

Coq en Pâques

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Couleurs printanières pour ce coq installé dans la vitrine de la boutique Debauve & Gallais, 30 rue des Saints-Pères, Paris VII.

Cette maison n'ignore rien de l'évolution du design des chocolatiers, inspiré d'une sculpture de Brancusi ou d'une compression de Cesar, mais, dirigé par Monsieur Poussin, ce "temple incontestable du chocolat de tradition française", tient à conserver l'aspect classique des poules, lapins, oeufs et poissons de Pâques qui ravissent les enfants aux premiers jours du printemps.

Si les créations présentées au Salon du Chocolat séduisent le gourmet admirant l'imagination d'artisans rivalisant de créativité, la mise en situation dans un décor végétal, de figurines de basse-cour, s'adresse directement à l'enfant resté en nous, prêt à resurgir à la vision de papier doré, et de boîtiers enrubannés de satin rose, remplis de friture au chocolat au lait.

La reconstitution d'un jardin miniature pour replonger dans une enfance à la campagne. Tant de petits sujets pour nous ramener au grand : Pâques,  fête la plus importante de la religion chrétienne, puisqu’elle commémore la mort et la résurrection du Christ.

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Les cloches sont revenues de Rome.
La tradition du silence des cloches prit naissance lorsque, vers le VIIème siècle, l'Église interdit de sonner les cloches en signe de deuil entre le Jeudi Saint et le Dimanche de Pâques pour commémorer le temps qui s'écoula entre la mort du Christ et sa résurrection.

Les cloches ne sonnent donc pas du Vendredi Saint au Dimanche de Pâques, elles restent muettes pendant la mort du Christ. Aux offices, on remplace la clochette par une crécelle. La légende, dans certains pays catholiques et particulièrement en France, affirme que, le soir du Jeudi Saint, elles partent à Rome où le Pape les bénit.

Le matin de Pâques,les cloches reviennent en carillonnant pour annoncer la joie de la résurrection du Christ. A Rome, elles se chargent d’œufs de Pâques qu’elles répandent à leur retour dans les jardins. Les enfants vont alors les chercher. Pour le voyage, les cloches se munissent d'une paire d'ailes, de rubans ou sont transportées sur un char.

En Italie le Jeudi saint en signe de deuil, on attache les cloches des églises pour éviter qu'elles ne sonnent. A Pâques, les cloches, défaites des liens, peuvent de nouveau sonner.

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Les œufs de Pâques
De nombreuses civilisations considèrent l’œuf comme un symbole de naissance, de renouveau. La coquille représente la terre, la chambre à air l'atmosphère, le blanc incarne l'eau, tandis que le jaune rappelle le feu.
En Finlande, le Kalevala (épopée recueillie de la bouche des bardes populaires au milieu du XIXème siècle) offre une interprétation très poétique de la création du monde, né d'un oeuf.
La mère de l'eau, Iltamara, dormait au fond de l'océan sans rivage. Dans son sommeil elle remua et son genou sortit de l'eau tel une île ronde. Le maître de l'air (le Canard), séduit par cette apparition, tomba des cieux vides et déposa sept oeufs, dont six d'or et un de fer sur ce genou divin. A peine effleurée, la déesse frémit et dans son sommeil, brisa les oeufs d'or.

Des différents morceaux de la coquille éclatée, le bas de la coque de l'oeuf forma le firmament , le dessus de la partie jaune devint le soleil, le dessus de la partie blanche devint la lune, tout débris tâché de la coque fut une étoile au firmament, tout morceau foncé devint un nuage de l'air et désormais le temps avança.

Par extension, poules, poussins et même lapins (réputés pour leur fécondité) sont devenus les symboles de Pâques. La tradition d’offrir des œufs est attestée dans l'Antiquité.
En Europe, on offrait de vrais œufs, qui étaient peints et décorés. Les Egyptiens et les Romains avaient pour habitude d’offrir des œufs peints au printemps, symbole de vie et de renaissance.

Dans l’Eglise catholique, la tradition fut reprise au IVème siècle : en effet il était interdit de consommer des œufs durant le Carême mais, on ne pouvait empêcher les poules de pondre… Les œufs accumulés furent alors utilisés comme décorations et cadeaux… Depuis, la tradition veut que l’on offre des œufs à Pâques, décorés ou en chocolat.

Louis XIV faisait bénir solennellement le jour de Pâques de grandes corbeilles d'oeufs dorés à la feuille d'or qu'il remettait lors d'une cérémonie à ses proches. Madame Victoire, fille du roi Louis XV, avait même reçu deux oeufs de Pâques peints par Lancret et Watteau.
Au XVIIème et XVIIIème siècles jusqu'à la révolution l'échange des oeufs était l'apanage de la cour et de la noblesse. L'oeuf le plus gros du royaume, pondu pendant la Semaine Sainte, revenait de droit au roi.

Au XVIIIème siècle, en France, on décida de vider un oeuf frais et de le remplir de chocolat. La surprise contenue dans l'œuf est une tradition qui remonte au  XVIème siècle : la statuette de Cupidon renfermée dans un énorme oeuf de Pâques offert par Louis XV à Madame du Barry est restée célèbre car exceptionnelle.

Jour de Pâques

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Les pages mode de la presse magazine s'appuient souvent sur des histoires : films, série cultes, sportifs.  Ecumant les fonds du "cinéma français : "La Piscine", " Le Sauvage", les rédactrices réactualisent les mythiques Romy Schneider, Catherine Deneuve pour appuyer leurs propositions sur ces "films cultes".

Cette recherche de légitimité serait-elle la marque d'une absence de sens, intrinsèque à ce secteur d'activité ? L'accumulation de "petits tops bidule", "it bags machin", serait-elle justifiée par la quête d'un "look", d'une apparence, en perpétuelle fuite ?

Lorsque je "chasse" des images, je suis aussi à la recherche d'histoires, racontée en une tenue, une façon de tourner sur soi-même ou de marcher. La présence d'accessoires et de vêtements griffés n'est presque jamais la garantie d'une bonne fiction. Il est très facile de passer une journée à guetter les clientes des boutiques de luxe sans rapporter la moindre photo. Le syndrome de Brenda ronge sournoisement les Seven Royal et les Platinum..

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Quelques escaliers de Montmartre pour rencontrer cette jolie silhouette, fraiche et matinale, posée devant le Lapin agile.

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Bâtons d'encens dans un temple au Vietnam. Leur fumée symbolise la prière et l'aspiration de l'âme au Ciel.

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Faïence de Delft. Plat-1760/1780-Polychromie de petit feu. Fond d'émail céladon. Collection du Musée des Arts décoratifs.

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Fu Baoshi-En jouant du ruan, rouleau mural, encre et couleur sur papier. 1945. Musée commémoratif Fu Baoshi de Nanjing.

 

10 avril 2009

Habillés pour prier

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Ils sortent de la mosquée de la rue des Poissonniers, à Paris, 18ème.

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Ibn Djarar m'explique qu'ils portent le kamis, robe blanche adaptée à la position adoptée pendant la prière et un chéch réalisé au crochet.

Background artistique :
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Jogging à Central Park. Au second plan, les tours de la résidence Eldorado. David Lefranc- New York creations.
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Un immeuble du Lower East side. David Lefranc. - New York creations.
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Façade et intérieur du Lenox Lounge. Harlem. David Lefranc. - New York creations.
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Hugo Pratt-Périples imaginaires.

07 avril 2009

Orage métallique

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Une ribambelle d'enfants aux mains enduites de Kinder Délice collées aux vitrines d'une galerie d'art, un gardien de musée pourchassant les visiteurs transformés en joyeux touche à-tout : telles sont les traces du passage d'une intervention en fil de laiton et papier mâché de James Chedburn, artiste britannique installé en France depuis 12 ans.

Présenté à la galerie Actée (114 rue de Paris-Charenton Le Pont) jusqu'au 9 avril, son "Bestiaire mécanique" se transportera ensuite à la galerie Claude André à Bruxelles.
Inspiré par le travail de Calder et Tinguely, James Chedburn sait créer un lien immédiat entre ses sculptures et les spectateurs captivés par le jeu de manivelles miniatures et mécanismes animés par un simple interrupteur.
Posés sur d'anciennes boîtes de thé, fixés sur un boitier de machine à coudre en bois usé, ses animaux en fil ont la grâce aérienne d'objets de design contemporain et ce petit air d'enfance qui invite à la familiarité et au contact.

"L'ombre portée par l'objet est très importante pour le rendre intéressant".

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Enhardis par l'interactivité inhérente à ses sculptures, les visiteurs s'attirent les foudres des concepteurs et commissaires d'espaces artistiques pétris de la vénération vouée aux créations exposées, révulsés à l'idée d'un effleurement entre l'émanation de l'esprit du créateur et l'admirateur.

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"Je n'ai jamais été attiré par l'art animalier, je voulais voir s'il était possible d'éviter le kitsch, c'était un challenge".
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Grave et serein, sous un aspect sage et mesuré, James Chedburn pulvérise les codes en vigueur dans les lieux d'exposition, à commencer par le fameux "ne touche pas", prescription imposée dès l'enfance à tout écolier attentif. Invité au contraire à toucher pour animer la sculpture, le visiteur prend vite l'habitude de tâter tout objet exposé, y compris les peintures ou dessins d'autres créateurs, moins enclins à ces contacts intempestifs.

"Calder n'était pas exactement une infuence, mais j'adore son travail ainsi que celui de Tinguely".
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C'est qu'il y a du Buster Keaton chez cet artiste, passant des heures à régler le mécanisme de la queue d'un rhinocéros, agitée d'un léger soubresaut, tout comme le fameux acteur du Mécano de la "General" calculait avecune précision mathématique le lancer d'un boulet de canon, la trajectoire d'une balle de base ball dans Les Trois Ages.
Invité à présenter des  sculptures au Musée de l'érotisme, il sait instiller à ses personnages l'ironie et l'humour sans lesquels le regard porté sur une scène sexuelle n'est que scabreux et laborieux.

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"Je  ne récupère pas les boîtes pour des raisons écologiques, j'aime l'histoire, la continuité de l'histoire de l'objet et lui donner une nouvelle vie".
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A l'instar de celui de Keaton, le travail de James Chedburn démontre une inventivité faussement facile, résultant d'un sens aigu de l'observation et d'un esprit poétique lucide et déterminé à jouer des ridicules de l'être humain.

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Ces instantanés poétiques, érigés dans l'espace comme par magie, possèdent la légèreté et la présence d'objets conçus par un artiste maîtrisant à la perfection squelette et structure, pour ne laisser subsister que le strict nécessaire à la compréhension du sujet ou du thème traité.

"J'ai commencé à utiliser le fil parce que c'était assez rapide de réaliser des maquettes, je n'aime pas travailler ce matériau, mais le résultat me plaît".


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James Chedburn souhaite épurer, aller à l'essentiel ; la conception de ses oeuvres est d'autant plus inspirée qu'elle recèle une part d'invisible révélée lorsque les rayons du soleil ou un savant éclairage soulignent l'ombre portée de la sculpture.

"Je suis toujours attiré par les choses mécaniques, en mouvement".
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Comme ces poissons d'argent affleurant à la surface de l'eau, c'est alors toute la malice et l'élégance de l'artiste qui s'offrent pour quelques instants aux regards émerveillés.

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"Je n'ai pas une grande expérience de les bureaux, mais c'est comme cela que j'imagine les choses, c'est un fantasme".
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05 avril 2009

Ciel tricolore

beautifulgrue.JPGUne grue couleur France (ou Hollande), vue depuis les fenêtres du Musée d'Orsay.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et les reflets des lumières du restaurant du même musée dans les peupliers et les nuages...

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